Violences conjugales :  » Il est déconseillé de sortir, il n’est pas interdit de fuir « 

Le confinement : « une séquestration légale » pour les femmes victimes de violences conjugales. La Seyne-sur-Mer reste plus que jamais engagée contre ces violences et rappelle qu’il n’est pas interdit de fuir en ce moment. On vous donne quelques conseils, le contact d’urgence absolue qui demeure le 17, et les contacts d’associations locales pour vous aider, ou aider des témoins de ces violences

 « Séquestration légale », « souffrance constante », « il est déconseillé de sortir mais il n’est pas interdit de fuir » : « Tous ces termes forts sont là pour nous rappeler l’horreur de la situation, déplore Bouchra Réano, conseillère municipale en charge de la promotion de l’égalité de genre. La France assiste, depuis le début du confinement, à une recrudescence des violences conjugales: plus de 30%! Et encore on ne compte pas les victimes silencieuses… Le numéro d’appel pour les femmes victimes de violences conjugales (le 3919), les associations de terrain, de manière unanime, confirment recevoir moins d’appel depuis le début du confinement. Ce qui était malheureusement prévisible, car comment  appeler, comment demander de l’aide quand votre agresseur est à vos côtés 24H/24″.

De nouvelles mesures ont été mises en places pour aider les victimes : 

  • Un dispositif d’alerte dans les pharmacies. Elles seront le lien « discret » pour alerter les forces de l’ordre.
  • Des points d’accompagnement dans les centres commerciaux pour accueillir les victimes de violences conjugales
  • 1 million d’euros a été débloqué pour venir en aide aux association de terrain
  • La plateforme « arrêtons les violences.gouv.fr » peut vous aider discrètement de chez vous. Vous serez mis en contact avec des policiers, avec des gendarmes formés qui prendront les signalements. Sachez que n’importe qui peut faire un signalement anonyme sur cette plateforme. 

Et Bouchra Réano de poursuivre : « Je n’ose même pas imaginer la détresse de ces femmes, le détresse de ces enfants, témoins ou victimes de ces violences… Alors je nous appelle tous, collectivement, à être vigilants et à les aider. Ne fermons pas les oreilles sur ces horreurs. Aujourd’hui il s’agit « d’elle », demain il s’agira peut-être de « vous » !  La période est grave, et nous amène à réfléchir sur nos actes et sur le monde que nous voulons laisser à nos enfants. Donc encore plus aujourd’hui, soyons solidaires et ne refusons pas de tendre la main à celles et ceux qui souffrent… « 

Trois associations toujours sur le terrain :

– Le CIDFF / VAR, le Centre d’informations sur les droits des femmes et des familles, assure : « nous nous sommes organisés afin d’assurer la continuité de nos services. Ainsi, l’équipe est en télétravail et continue d’assurer de l’information juridique en matière de droit de la famille et droit du travail par exemple, par les voies de communication dématérialisées (téléphone, visio pour ceux qui le peuvent, mail ). Nous sommes donc pleinement disponible pour les Seynoises et Seynois, ils peuvent nous contacter au numéro unique : 04 94 65 82 84. Nous apportons une attention particulière aux situations de violences faites aux femmes et de violences intra-familiales surtout en cette période de confinement pouvant fortement accroître les tensions et les violences.
Les membres de l’AAVIV (Association d’aide aux victimes d’infractions du Var) sont en télétravail complet depuis le 17 mars. Ils assurent que : Toute l’activité est maintenue, les prises en charge juridiques et psychologiques sont assurées par téléphone. Tous les suivis sont effectués normalement. Le standard est joignable au 06 83 12 88 63 pour tout renseignement ou prise de rendez-vous ou à contact@aaviv.fr. Nous sommes en lien avec le parquet de Toulon pour les situations d’urgence en matière de violences conjugales ou intra-familiales et les évaluations d’urgence et les « téléphones grand danger ».

– L’association Vivre en famille, l’AVEF assure de son côté que : « nous assurons une permanence téléphonique du lundi au vendredi de 9h à 17h au 07 66 53 56 83, c’est une écoute et un soutien psychologique par téléphone. Cette permanence est ouverte à tous. La première semaine nous avons eu peu d’appels mais cette semaine les appels sont plus nombreux. Parfois il suffit d’avoir une écoute bienveillante et cela suffit, mais pour d’autres situations cela implique, de maintenir un lien régulier.

Pour les nouvelles situations d’auteurs de violences conjugales, (NDLR : l’AVEF intervient sur les auteurs de violences en lien étroit avec la Justice), nous sommes en étroite collaboration avec le SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation), ou l’association Avenir pour que chacun puisse être en contact régulier avec eux. Le confinement est difficile à vivre pour certaines personnes et familles et surtout lorsque leurs conditions de vie est précaire. Nous avons prévu lors de l’arrêt du confinement de mettre en place des espaces de paroles et de « débriefing car la situation actuelle, de stress, d’angoisse… va tous nous impacter ».

sylvette.pierron@la-seyne.fr