Villa Tamaris : la nuit la plus longue

C’est à un projet à la fois étrange et réjouissant que nous convie la Villa Tamaris cet été. 
En effet, l’exposition « C’est la nuit » emporte le public dans un itinéraire balisé par des œuvres de techniques et supports variés, des abords jusqu’au centre le plus intime de la ville. Mêlant parcours et narration – et quoi de plus évident pour le centre d’art seynois qui a bâti une solide expertise autour du mouvement de la Figuration narrative – cette histoire à dormir éveillé se construit avec près de trente artistes. Ainsi, peinture (Birga, Segui, Fromanger, Messac, Monory, Morteyrol, Giacobazzi, Ferroukhi, Le Gac, Poli, Cognée et Milshtein), photographie (Busse, Poulos, van Malleghem et d’Agata), sculpture, installation (Barbier, Poli, Glendinning et Skkoda), bande dessinée et illustration (Forest, Giraud, Gourdon, Schuiten, Swarte et Loustal) et vidéo (Fleisher, Vagh et Op de Beeck) participent à cette émotion particulière qu’amène l’absence de lumière naturelle. Du reste, nul doute que ce sentiment partagé entre une forme de sublimation de l’existence (la nuit désinhibe) et une anxiété du fond des âges (la peur du noir et de l’ignoré) est pour chacun(e) le reflet de ses propres démons. Et c’est cela qui est moteur puisque on peut se surprendre à rêver comme à délivrer de l’oubli des pans de mémoire. Comme on le ferait dans une ville, on circule dans cette exposition en voyageur curieux, accroché par des images ou surpris par des sons. La séduction s’opère dans ce chemin que l’on achève, presque haletant, et déçu de retrouver les bleus du ciel et de la mer, finalement bien plus banals de ceux de l’âme. Rideau. 
Jean-Christophe Vila
Renseignements : 04 94 06 84 00