Un homme reconnaissant

La vie de Denis Warter a basculé il y a un peu plus de deux ans. Aujourd’hui, après une double greffe foie-rein, ce Seynois a souhaité témoigner « pour faire passer un message ».

Ne comptez pas sur lui pour s’apitoyer sur son sort, Denis Warter veut « donner de l’espoir à toutes les personnes en attente d’organes ». Ce Seynois de 52 ans vit à Tamaris, exerce la profession d’aide-soignant. Et, précise-t-il : « J’ai vécu pendant 50 ans en très bonne santé ». Jusqu’à ce 14 février 2017 : « En un week-end, je suis passé à l’état de malade chronique ». Souffrant d’insuffisance rénale sévère, il se voit contraint de suivre un traitement par dialyse mais le diagnostic ne tombera qu’en décembre 2017 : « Hyperoxalurie primitive, une maladie génétique qui touche une personne sur un million. » « Je dois passer à une dialyse par jour (au lieu de trois par semaine) en attendant le traitement ultime, la double greffe foie-rein », raconte Denis Warter.

Un an plus tard, le Seynois passera Noël en famille, ce qu’il vit comme « un cadeau incroyable ». La transplantation d’organes a pu être pratiquée moins d’un mois auparavant. Il décrit alors comment « le processus de guérison passe par une phase de culpabilité » : « Je me demandais si je méritais ce don. Moi, je n’ai eu d’autre choix que d’avancer, ce sont les donneurs et leur famille qu’il faut féliciter. »

Courir pour le don d’organes

Denis Warter fait aussi part de sa gratitude à l’égard de ses médecins et des personnels hospitaliers : « On a beau être soignant, on n’est jamais prêt. Ce job je le connais, j’en connais les difficultés. Et malgré tout, j’ai trouvé au quotidien beaucoup de bienveillance dans le geste, dans le regard, dans le discours… » Il se confie également sur le rôle des aidants : « Je suis très entouré, par mes enfants, ma compagne, mes parents. C’est hyper précieux ». Ce soutien, explique-t-il, lui a ainsi permis – c’était même l’une des conditions – d’être accompagné par l’Avodd (Association varoise pour l’organisation de la dialyse à domicile) : « J’ai appris à me prendre en charge, à être complètement autonome. » Mais après avoir traversé toutes ces épreuves, Denis Warter insiste surtout pour « faire passer un message » qui tient en deux phrases : « Il n’y a rien de plus beau que de transmettre à un être humain. On a le pouvoir de prolonger la vie. »

Et c’est aujourd’hui un homme « confiant » qui annonce : « Je programme de m’inscrire au Marathon de Nice et d’y courir pour le don d’organes. Je me laisse 2019 pour me réparer, 2020 pour me préparer. »

laurence.artaud@la-seyne.fr