Tamaris : les Giol, une famille en or

Les conchyliculteurs font la fierté des Seynois et le régal des gourmets. Avec deux médailles au Concours général d’agriculture pour ses huîtres, les Giol attirent de nouveaux clients prestigieux et font rayonner la réputation des coquillages de Tamaris à travers le monde.

Depuis 148 ans, le Concours général agricole défend le goût et la qualité des produits issus de filières d’excellence. C’est le plus ancien et le plus sélectif des concours agricoles, sans équivalent dans le monde. Et ça fait quelques années que les Giol sont les Poulidors du concours. En 2019, c’est la consécration ! Sandra et Jean- Christophe Giol obtiennent l’Or pour leur huître creuse, la spéciale Giol. Et l’Argent pour la plate. « Depuis deux semaines, la demande a augmenté de 100 %, la médiatisation du concours et les réseaux sociaux avec quelque 9 000 clics sur notre page nous ont fait conquérir de nouveaux marchés dans le haut de gamme. Comme le chef Gérald Passédat , trois étoiles Michelin au Petit Nice de Marseille ou encore Alexandre Mazzia, un deux étoiles très connu pour son célèbre restau, le AM ».

7 jours/7, lever 3h du mat’

La famille Giol est modeste. Car sur leur cahier de commandes, on découvre d’autres anciens clients tout aussi prestigieux : le Chef du Lutetia à Paris, Jérémy Czaplicki, chef des Oliviers à l’Île Rousse de Bandol, le Grand hôtel des Sablettes et les autres tables des Maisons Lelièvre et bien d’autres tables connues dans la région. Mais l’excellence a un prix, celui de la sueur, des sacrifices et du manque de sommeil. Les Giol, père, mère et fiston (la relève) se lèvent 7 jours sur 7 à 3h du matin. « Le travail ne s’arrête jamais, explique Sandra, ancienne assistante dentaire. Il y a la production, c’est du boulot ! et après il y a la vente sur place, l’administratif, le commercial à faire à la maison ». Sans oublier les projets de développement de la marque Giol. « On espère ouvrir pour l’été un espace de dégustation, juste à côté, les travaux sont en cours ». Bientôt, on pourra donc déguster les meilleures huîtres de France au bord de la Petite Mer, tout en sirotant un verre de blanc.

14 mois d’une vie à Tamaris

Pourtant, rien ne prédestinait ces Niçois à tout plaquer pour élever des coquillages à Tamaris. « Mon grand-père a épousé une Seynoise, une “Mangiapan”, la famille qui a créé la ferme aquacole en 1860. Quand il est décédé, j’ai relevé le défi de reprendre cette entreprise familiale. C’est devenu une passion que j’ai transmise à ma femme, puis à mon fils. La relève est assurée. Seule ma fille a résisté », plaisante Jean-Christophe. Mais quel est le secret des huîtres et moules des Giol ? « La rade de Toulon est la seule rade où on produit des coquillages avec l’eau de la pleine mer, expliquent les conchyliculteurs. Tous les autres lieux de production en Méditerranée sont des étangs fermés. Notre méthode consiste à les stresser, en reproduisant le phénomène des marées. Donc chaque semaine, on les sort de l’eau, et on les remet à l’eau. On est les seuls à élever nos huîtres depuis qu’elles sont naissains (à l’état de larves) ».

Elles naissent à Marseillan (Hérault), chez Marc et Sonia. Quand elles parviennent à 6 millimètres, elles viennent à Tamaris où elles vivent bercées par les flots de la rade et choyées par les Giol et leurs employés pendant 14 mois. Pour finir gobées par des gourmets. Si vous en faites partie, RDV 220 allée de la Petite Mer juste à côté du chapiteau de la mer, la boutique des producteurs est ouverte 7j/7 de 7h à 12h30. Allez-y, car avec la demande qui augmente grâce à sa médaille et les pertes liées à la chaleur, les prix vont flamber. Car « l’ennemi du coquillage c’est la chaleur. Cette année, j’ai perdu 40 tonnes à cause de la sécheresse » déplore Jean-Christophe Giol.

La rançon du succès !

sylvette.pierron@la-seyne.fr

PLUS D’INFOS
Etablissement Giol, conchyliculteurs de moules et huîtres de Tamaris, 220 allée de la Petite Mer, Facebook : Coquillages Giol – Tél : 06 71 13 26 55

 

Une autre médaille pour les Giol, celle de la Ville remise par le maire Marc Vuillemot