« Soyez gentils avec les abeilles » : c’est le message de Xarvis Arredondo aux Seynois

Sur la place des Moussi, un nouveau graff a fait son apparition fin juin. Au milieu du béton, une petite fille  joue avec de la peinture et nous implore d’être « gentils avec les abeilles » avec ce slogan « Bee nice ! ».

Xarvis Arredondo est un artiste mexicain en tournée européenne, qui a tenu à faire une halte à La Seyne-sur-Mer. « Depuis plusieurs années maintenant, pour un artiste évoluant dans le street-art, cette ville est un lieu incontournable où il faut poser une oeuvre, explique l’artiste. C’est un sanctuaire du graffiti, après les passages de stars internationales comme Hopare, Dopie, Rita Wainer ou encore le newyorkais John Matos Crash ».

Xarvis Arredondo voyage en Europe pour différents événements culturels, sa prochaine étape : le festival international de Street-Art à Oyonnax. Puis ce sera l’Allemagne, l’Angleterre et la Suisse. Il s’est arrêté au social-club Limpasse, devenu un haut lieu de la culture Street-Art. Loin du cliché du graffeur avec ses bombes et son masque, Xarvis peint à l’ancienne, aux pinceaux. Sur la place dei Moussi, il nous laisse une oeuvre magnifique intitulée “Bee nice”, un cri du coeur « face à la disparition des abeilles et la menace écologique qui s’annonce, explique t-il. Grâce au travail de Majid Cheik, qui a fait peindre ici des pointures, La Seyne figure désormais dans le parcours artistique européen. Pour n’importe quel street-artiste ou graffeur, il est important de venir poser une oeuvre ici. Je remercie Majid et l’équipe du social club l’Impasse pour l’accueil exceptionnel qu’ils m’ont réservé».
Les ruelles autour du social-club sont donc devenues « les Rues du graff », comme l’indique l’Office de tourisme Ouest Var sur son site. Il n’est d’ailleurs pas rare d’apercevoir des croisiéristes tomber des nues en découvrant les oeuvres sur les murs de La Seyne. Smartphone à la main, ils laissent de nombreux témoignages de cette expérience culturelle inattendue sur Instagram, où la ville de La Seyne-sur-Mer s’illustre avec les mots-clés « graff » ou encore, « street-art ». Des ruelles qui affichent des graff de Hopare – dont les oeuvres en Bourgogne viennent d’être classées au Patrimoine mondial de l’Unesco -, de Dopie, de Rita Weiner et de tant d’autres. Tant d’autres qui vont bientôt disparaître au profit d’un nouvel immeuble. 

Mais pour un graffeur, voir ses oeuvres disparaître n’est pas un crève-coeur. Ils ont l’habitude. Xarvis s’attend à voir sa petite fille au pot de peinture disparaître sous le fracas du béton coulé. Il aimerait juste que les Seynois retiennent son message : « Bee nice ! ».

sylvette.pierron@la-seyne.fr

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