SN Mouissèques : 50 ans déjà !

Plus que jamais, La Seyne est une commune tournée vers le nautisme. Avec ses 14 associations nautiques et près de 1 500 adhérents, les Seynois ont la chance de naviguer toute l’année grâce aux 25 kilomètres de littoral. Parmi elles, la Société Nautique des Mouissèques qui fête son cinquantième anniversaire.

Fondé en 1965, le club, présidé depuis dix ans par Gérard Vendel Viest, s’apprête à souffler ses 50 bougies. Une histoire née de la passion de quelques pêcheurs dans le quartier dont le nom provençal signifie à la fois mouiller et sécher (Mouisse-seco).

Un lieu en bordure de mer, dont les terrains, facilement inondables, pouvaient tout de même sécher à marée basse, surtout quand un fort mistral se levait.

Ce quartier fut peuplé par de nombreux immigrés italiens, à l’aube de la grande construction navale. On l’appelait d’ailleurs « Little Italie ». En 1965, on y trouvait aussi un petit port avec deux pontons avant que les chantiers ne décident de le boucher pour y étendre leur activité au début des années 70 (photo ci-contre).

Le petit local en bois qui faisait office de bureau est alors déménagé sur le port de La Seyne. René Martinez, président fondateur de la Société Nautique des Mouissèques, y débarque, avec 120 places à sa disposition.

Déménagements

« Deux pontons ont été érigés pour nous accueillir, se souvient l’actuel président de la SNM, dont le père était déjà un membre actif à l’époque. On payait un loyer unique pour l’association à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var. Nous avions un petit local à la place de l’actuel hôtel avant d’aménager quelques années plus tard dans la tour de la Rotonde ».

Si la SNM était à l’origine une association de pêcheurs, elle s’est rapidement diversifiée dans ses activités avec l’arrivée des premiers voiliers, dont celui de Jo Deluy. Un bateau en bois, construit chez Dettori, qui a fait des émules jusqu’à organiser les premières régates dans la rade.

Une activité nouvelle qui va connaître un véritable essor lors d’un séjour en Corse qui a failli mal tourner mais qui est à l’origine de la Croisière corse en 1984.

« C’est une histoire de copains partis avec trois bateaux pour Calvi, raconte toujours Gérard Vendel Viest. En arrivant là-bas, ils sont tombés sur une météo exécrable. Ils sont arrivés en vrac, trempés de la tête aux pieds. Ils ont été recueillis par le bar de l’Escale, au bout du ponton d’accueil de Calvi. Monsieur Paul, propriétaire de l’établissement, les a accueillis chaleureusement. De là est née une amitié et l’idée de créer une régate annuelle qui arriverait à Calvi. On l’a alors appelée “la Virée corse”, basée sur l’esprit de convivialité. D’ailleurs, à chaque fois que nous arrivons là-bas, nous allons saluer M. Paul. L’an prochain, on organisera une belle soirée à l’Escale, repris depuis par le petit-fils ».

Hormis la Croisière Corse, évènement phare de la saison, les sept autres régates habitables organisées par le club sont unanimement appréciées pour le savoir-faire et l’état d’esprit qui y règnent. La pêche n’est pas oubliée pour autant, avec une école qui fonctionne tous les mercredis et de nombreux concours.

Bureaux flambant neufs

Une association dynamique avec 60 000 euros de budget de fonctionnement, dotée désormais de bureaux flambant neufs depuis le début de l’année.

« Paradoxalement, l’histoire de ce club est liée à la destruction de ses locaux. Il y a eu d’abord la caisse en bois du port des Mouissèques, détruite par les chantiers. Puis, lorsque les chantiers ont fermé, on nous a cassé notre société qu’ils appelaient la « verrue » le long du quai pour se retrouver à la Rotonde, où on était bien. Sauf qu’elle a été démolie à son tour et nous nous sommes retrouvés dans un « placard » de 25 m2, dans une rue parallèle au port. Nous avons fini par atterrir sur le quai de la Marine au début des années 2000, dans un local de pêcheurs que nous avons rénové. Depuis 2015, on loge désormais dans le bâtiment construit par la CCIV à côté de la capitainerie, avec des sanitaires et des douches, chose que nous n’avons jamais connue auparavant ! On peut travailler et accueillir des gens dans de bonnes conditions. A priori, celui-ci, on ne devrait pas le détruire avant longtemps (sourire) ».

Désormais, le club est concentré sur la célébration du cinquantième anniversaire, les 26 et 27 juin prochains. L’occasion pour tous les anciens du club d’évoquer les souvenirs d’une association qui, aujourd’hui, compte le plus de licenciés de la rade avec 300 adhérents. 

sebastien.nicolas@leseynois.fr