Robert Mendoze, résolument figuratif

Les galeries du Fort Napoléon accueillent jusqu’au 2 avril les oeuvres de Robert Mendoze.

Se définissant ainsi, Robert Mendoze (1930 – 2014) aura marqué l’école toulonnaise avec un engagement pour et par la peinture. Élève d’Eugène Baboulène et d’Henri Pertus de 1945 à 1950, il s’inscrit dans cette lignée tout en affirmant son propre langage et un net attachement à la Provence et à ses paysages parfois arides et ventés. Il ira même jusqu’à installer son atelier dans le village de Correns puis celui de Sainte-Anastasie, tous deux lovés au coeur du Var. On pourrait lister les nombreux prix que Robert Mendoze obtint au cours de sa carrière mais la modestie qui le caractérisait en aurait souffert et celles et ceux qui l’on connu désapprouveraient. Si notre région fut privilégiée avec de nombreuses expositions, Robert Mendoze s’affranchit aussi des frontières puisqu’il exposa à Montréal, Genève, Osaka, Atlanta, New-York et  Londres. L’artiste sut également transmettre sa foi en la peinture et enseigna à l’école des Beaux-arts de La Seyne-sur-Mer. Attardons-nous plutôt sur l’oeuvre. Robert Mendoze se confronta à l’exercice du portrait, paysage, marine, nature morte… des genres qu’il abordera tout au long de son existence. On décèle dans son travail une belle capacité d’observation que défendait un style affirmé. Ainsi, les paysages racontent une Provence à la Giono, sauvage et forte dans son identité, alors que les marines sont, elles, plutôt synonymes de douceur. La vigilance de l’instant qui fuit se lit dans ses natures-mortes que Robert Mendoze présente comme un instantané. Enfin, la manière d’approcher le portrait offre l’éternité au sujet, et il devient même sensuel lorsqu’il aborde le nu. En s’alliant au réel pour en extraire une expression propre, Robert Mendoze conservera une constance dans la diversité de ses approches. Et je crois qu’avant tout la peinture n’était que prétexte poétique pour évoquer la nature humaine, ses sentiments et ses émotions dans un environnement qu’il fera monde.

Jean-Christophe Vila