Quartiers populaires : Marc Vuillemot s’adresse au Premier Ministre

A l’issue de la séquence de travaux qui vient de s’achever à Cahors, dans le cadre de la Conférence nationale des territoires, le maire de La Seyne-sur-Mer et président de Ville et Banlieue, Marc Vuillemot, adresse un courrier à Édouard Philippe. Il lui demande un effort de solidarité nationale en faveur des territoires urbains fragiles, au travers du vote de la loi de finances 2018.

Hier, jeudi 14 décembre à Cahors (Lot), à la tribune au côté des ministres de l’Éducation et de la Santé ainsi que des deux secrétaires d’État à la cohésion des territoires et au numérique (photo), Marc Vuillemot représentait « la spécificité des territoires urbains fragiles ». C’est un maire de La Seyne-sur-Mer « satisfait » que l’association Ville et Banlieue de France qu’il préside, soit désormais intégrée à « l’instance de dialogue » de la Conférence Nationale des territoires, qui défendait l’idée d’une « vraie coordination des politiques publiques vitale à la cohésion des politiques locales », la cohérence des politiques sur tout le territoire de notre République, passant selon lui, inévitablement, par la concertation.

Au lendemain de cette rencontre, Marc Vuillemot s’adresse par courrier (dans son intégralité ci-après) au Premier Ministre Édouard Philippe, pour lui signifier, qu’avec l’Association des maires de France (avec laquelle elle coopère en permanence), Ville et Banlieue « refuse l’effort énorme de 13 milliards d’euros imposé aux collectivités pour contribuer à la réduction du déficit public ». Il pointe une nouvelle fois les dégrèvements de la taxe d’habitation, la diminution du nombre des emplois aidés ou la mise en péril des organismes d’habitat social, comme autant de mesures qui auront « des impacts considérables pour les communes abritant des quartiers populaires urbains prioritaires ».

En outre, Ville et Banlieue, « ne peut accepter en l’état les modalité de la « contractualisation » que le Gouvernement veut proposer aux 340 communes et intercommunalités dont les budgets de fonctionnement atteignent 60 millions d’euros ». Le maire estime en l’occurrence que parmi ces dernières, celles qui abritent des quartiers populaires à l’image de La Seyne, doivent « voir exclus de ce calcul, certains de leurs accroissements de dépenses », tels ceux liés aux politiques prioritaires en matière d’éducation, entre autres propositions – par exemple le dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (REP) ou les actions des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD)… « Et plus généralement, toutes dépenses de fonctionnement liées à l’accompagnement social des habitants des QPV [Quartiers en politique de la ville] et à la rénovation urbaine. »

Au regard des inquiétudes propositions formulées, le président de Ville et Banlieue écrit donc au Premier Ministre : « Nous espérons donc en urgence, car cela ne peut se faire qu’au travers de la loi de finances, et non par quelque promesse de solution à imaginer ultérieurement par voie réglementaire, un effort de solidarité nationale en faveur des collectivités accueillant des QPV »

En contrepartie, et suivant le souhait du Président de la République de « co-construire », notamment avec Ville et Banlieue, « la nouvelle saison de la politique de la ville », Marc Vuillemot ne manque pas d’évoquer, dans sa lettre, l’engagement pris du côté de l’association qu’il préside « de porter auprès des institutions publiques les espoirs des acteurs de la politique de la ville (élus, acteurs du monde associatif, social et économique, etc.) tels qu’exprimés par « l’appel de Grigny ». »

laurence.artaud@la-seyne.fr