Photographies : Adrienne Fornelli, une vie, à partir du 6 mars au fort Napoléon

Cette exposition de photos d’Adrienne Fornelli est réalisée dans le cadre de la valorisation patrimoniale du fort Napoléon à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Son arrière petit Neveu, Emmanuel Cavan, propose une prolongation numérique sur son site. Pratique en période de confinement.

Née en 1907 d’une famille modeste, Adrienne Fornelli anticipera, en tant que femme, l’évolution des sociétés occidentales au XXe siècle. Elle se marie avec un ténor italien et part au Brésil avant-guerre, et là-bas, c’est la « grande vie », elle côtoie la bourgeoisie, refuse des propositions pour le cinéma etc. Divorcée, elle revient en France bien après l’effroyable conflit et s’installe définitivement dans la maison de ses parents à Toulon. Sans enfant, elle offrira son affection à sa petite nièce, Jeanine, et plus tard, à son arrière petit neveu, Emmanuel Cavan, à qui elle confie tacitement ses centaines de photographies et grâce à qui nous pouvons aujourd’hui au fort Napoléon montrer quelques instants volés au temps. Le temps, ce temps qui court et qui nous file entre les doigts comme le sable dans les mains des gamins sur la plage. Des bords de mer, nous en reconnaissons quelques-uns, La Verne, Fabrégas ou encore Mar Vivo pour les rivages seynois. Sur chaque photographie, une constance : Adrienne Fornelli conserve un sourire entre affirmation de soi et charme discret. Quelques images sont agrandies à l’extrême, offrant volontairement un flou qui brouille davantage la perception de cette vie singulière. Adrienne Fornelli était brune, ses beaux yeux verts se sont refermés à l’aube du XXIe siècle.

Jean-Christophe Vila

Sur la colline de Fabrégas…
Exposition photographique à découvrir au fort Napoléon jusqu’au 30 avril, du mardi au vendredi de 14h à 17h