Philippe Comar à la Villa Tamaris : dessin contre nature

Jusqu’au 22 avril, la Villa Tamaris présente 270 dessins du plasticien Philippe Comar. Intitulée « dessin contre nature », l’exposition rassemble des oeuvres exécutées à la manière d’un encyclopédiste contemporain.

“Croissance et Marcescence”, “La Mesure de l’herbe”, “Souches”, “Musée de Pharmacognosie”… Les titres parlent, évoquent. « Le dessin pratiqué par Philippe Comar semble, à première vue, appartenir au genre classique dit “dessin sur le motif”, tel qu’il ne serait qu’un simple enregistrement naturaliste et mimétique, tant nous parait aiguë l’attention portée aux modèles choisis. Mais vite, quelque chose de plus s’invite, quelque chose en trop qui viendrait troubler et déranger la simple évidence et la surface tranquille des choses, des êtres, du monde », souligne Evelyne Artaud, commissaire de cette exposition. Plasticien, scénographe, commissaire  d’exposition, écrivain, professeur de dessin à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Philippe Comar s’exprime sur la pluralité des pratiques. « Quelquefois philosophe, parfois sociologue, souvent vidéaste. Philippe Comar est aussi, et sans doute surtout, dessinateur. Il rend compte du réel dans une diversité thématique où se retrouvent les déclinaisons singulières d’un voir / penser / représenter. L’ordonnance et le  classement existent », ajoute Robert Bonaccorsi, commissaire délégué. Dans la mesure où l’art imite la nature autant que la nature imite l’art. « Je substitue l’art à la nature pour en bien juger », écrivait Diderot dans le Salon de 1767. Philippe Comar possède les traits d’un encyclopédiste contemporain. Contre nature, donc.

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