Michel Pacha à la Maison du patrimoine

Jusqu’au 14 septembre, la Maison du patrimoine, place Bourradet, présente l’exposition « Michel Pacha, un héritage protégé. Modernisme et Belle Epoque ». L’occasion de découvrir l’oeuvre, l’époque et la vie du bâtisseur de Tamaris à travers une riche iconographie.

Une succession de caps, la douceur maritime, des pins. « Je retrouverai là le soleil et le panorama des Dardanelles ». Au songe, Michel Pacha joint le geste. Il profite en 1884 de la construction de la grande jetée de Balaguier. « En abritant du vent d’est, cette jetée va permettre aux aquaculteurs de s’installer, tout en développant les activités de villégiature », commente Florence Cyrulnik, conseillère municipale déléguée au patrimoine, devant une magnifique reproduction de cadastre napoléonien de 1829.

Réalisée à l’occasion du bicentenaire (1819 – 2019) de la naissance de Michel Pacha, l’exposition, intitulée « Un héritage protégé. Modernisme et Belle Epoque », opère une plongée dans le XIXe siècle : « On découvre, grâce à une bibliographie fournie et trois mois de travail, l’ascension d’un homme d’affaires de l’époque, sa réussite professionnelle et le naufrage de ses proches », note Julie Castellani, responsable de la Maison du Patrimoine.

Les murs illustrés de la Maison du patrimoine retracent utilement l’histoire des technologies, à une époque où Michel Pacha fit ériger 160 phares en Méditerranée orientale. Un contexte éclairant pour comprendre la réussite de celui qui, dans le même temps, saura exploiter quais et hangars attenant au Bosphore. « Une intuition parmi d’autres, souligne Florence Cyrulnik. Michel Pacha profitera aussi de la vogue des stations climatiques d’hiver, en développant Tamaris puis Les Sablettes, à l’heure où les fortunes britanniques quittaient Brighton pour Dieppe ». La construction du Grand-Hôtel des Sablettes, comme du casino, abrités du mistral, est contemporaine de celle d’Arcachon : « Pour rentabiliser ses investissements, Michel Pacha a initié le AirBnB de l’époque en proposant (déjà!) des meublés en gestion locative », ajoute Julie Castellani.

Une fille anorexique qui meurt à 15 ans, son fils, Alfred, compositeur mort d’une overdose à 29, et une épouse exécutée sur sa tombe par un cousin fou, la réussite de Pacha ne semble toutefois pas avoir été celle de sa famille : « on pense aux destins romanesques à la Monte Cristo. Sa réussite, il voudra la mettre au service de Sanary, où, maire, il réalise l’adduction d’eau avant de faire bâtir à ses frais quais, hôtels et pont sur la Reppe. Et pourtant, il n’aura de cesse d’avoir des litiges, notamment avec la prud’homie des pêcheurs ».

gwendal.audran@la-seyne.fr

Une aire protégée

En 2016, la ZPPAUP (Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager) devient AVAP (Aire de mise en valeur de l’architecture et du paysage) et étend sa protection au plan d’eau. « Cela a permis de protéger les cabanes sur pilotis, qui font partie intégrante du paysage de la rade », signale Florence Cyrulnik. Un paysage magnifié par des regards d’artistes. L’exposition présente en effet des gravures et peintures allant du XVIIIe au XXe siècle : Aiguier, Renoir, Delacroix, Courdouan nous retracent 300 ans de panoramas seynois