L’Ifremer étudie le réchauffement de la Méditerranée occidentale

l’Europe, navire océanographique de l’Ifremer, est rentré cette semaine de mission scientifique en Méditerranée. Ses relevés, en cours d’analyse, doivent indiquer l’impact du changement climatique.

Nom de code : Medbionet. A bord du navire Europe, sept scientifiques ont traversé la Méditerranée occidentale, du Nord au Sud, de la rade de Toulon aux rives tunisiennes, en franchissant les bouches de Bonifacio. Leur mission ? déterminer si oui ou non, le réchauffement de la Méditerranée, comme celui de la terre, pourrait être limité à ce qu’il est actuellement, + 2°C. En effet, les taux de réchauffement climatique en surface sont parmi les plus élevés de la planète. La rapidité des changements en cours, et la gravité potentielle des impacts sur la faune et la flore, causés par les stress thermiques, sont à l’origine de cette campagne Medbionet : connaître d’urgence les indicateurs physiques et biologiques de ces changements pour anticiper leurs influences. Cap sur la mer Tyrrhénienne donc, qui offre un panel de situations identiques au bassin occidental méditerranéen et qui forme un triangle limité à l’ouest par la Corse et la Sardaigne, à l’est par la péninsule italienne et au sud par la Sicile.

Comprendre pour anticiper

La Méditerranée constitue un des pôles mondiaux de biodiversité (« hotspot », ou point chaud). La mission scientifique, menée en collaboration entre l’Ifremer, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et le Conservatoire du littoral a donc pour but d’étudier l’impact du changement climatique sur des environnements marins et terrestres, sur une demi-douzaine de petites îles. Ainsi, le navire Europe a fait escale à Tavolara et Cavoli en Sardaigne, Pantelleria et Favignana en Sicile, l’archipel toscan et la Corse. Des îles considérées comme d’excellentes sentinelles des changements globaux, sur lesquelles il est plus facile de gérer et de suivre la biodiversité. Sur de plus grands territoires, il est malaisé de mesurer scientifiquement la biodiversité. Dans ces zones protégées, les scientifiques font une une sorte de constat de la situation actuelle : mesures physiques, hydrologie, identification de plancton animal et végétal, étude de la dispersion des déchets, échantillonnage de sédiments… Une opération difficile car la Méditerranée ne se réchauffe pas partout de la même façon.
Un outil pour les générations futures

Toutes les données recueillies seront mises en réseau afin de poursuivre les observations et surtout, de prévoir des anomalies de températures. Si l’expédition Medbionet est de retour, il sera trop tôt en décembre prochain, lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP21) pour y présenter les résultats complets de l’étude. Une chose est sûre, les grands responsables de ce dérèglement climatique sont bien les émissions de gaz à effet de serre que bien peu de pays hélas, sont prêts à réduire.

chantal.campana@leseynois.fr

Dans la mer Tyrrhénienne, le navire Europe fera escale à Tavolara et Cavoli en Sardaigne, Pantelleria et Favignana en Sicile, l'archipel toscan et la Corse.

L'Europe, navire océanographique de l'Ifremer : cap sur la mer Tyrrhénienne pour la mission Medbionet.

De gauche à droite, Fabrice Bernard, du Conservatoire du littoral, Pierre Boissery, de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse et Bruno Andral d'Ifremer