L’hommage rendu à Toussaint Merle

Ce Vendredi 24 mai, cela faisait 50 ans jour pour jour, que disparaissait celui qui fut maire de La Seyne-sur-Mer pendant plus de 20 ans, élu juste après les ravages de la guerre. Un moment de recueillement a été organisé en sa mémoire, cours Toussaint-Merle, face à la stèle érigée en son honneur.

Lorsqu’il a été élu maire, en 1947, La Seyne était détruite à 65%. Donc à reconstruire. Et Toussaint Merle, militant communiste, instituteur de métier, ancien résistant, s’y emploiera jusqu’à sa mort, le 24 mai 1969. Ce 24 mai 2019, à l’issue du conseil municipal qui se tenait durant la matinée, le maire Marc Vuillemot, les élus de la majorité municipale et les fidèles camarades, dont Francisque Luminet – qui organise une cérémonie chaque année -, lui ont rendu un hommage sur le cours qui porte son nom, face à la stèle érigée en son honneur, devant l’entrée du parc de La Navale. A La Seyne-sur-Mer, il y a aussi une école Toussaint-Merle, un foyer des anciens Toussaint-Merle…

« Aujourd’hui, nous avons tenu […] à dire à quel point La Seyne se souvient de cet homme, et avec lui, de ces hommes, qui firent tant pour la faire renaître », a ainsi déclaré Marc Vuillemot. Avant de poursuivre : « Pour comprendre l’étoffe dont était constitués ces aînés, pour saisir d’où venait la volonté, l’énergie qui animaient des militants, des élus, un maire, tel que Toussaint Merle, il est difficile ce passer à côté du programme magnifiquement intitulé « Les jours heureux ». » « Les jours heureux », titre d’un programme politique faits de mots qui « ont la force de l’évidence quand, en 1944, ils surgissent sous forme d’appel à la mobilisation, de cri de ralliement et d’espoir ».

« Gestionnaire appliqué, fidèle à ses engagements »

Toussaint Merle, qui « agissait en acteur politique, gérant, conduisant, renforçant, utilisant le service public au service de l’intérêt général », a ainsi effectué son premier mandat, « au temps de la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance ». Et de la naissance de la Sécurité sociale en France (portée par le ministre communiste Ambroise Croizat).

Toussaint Merle, décrit comme « un gestionnaire appliqué, ne s’empêchant jamais de rester fidèle à ses engagements antifascistes, républicains et communistes […], pacifistes et anticolonialistes », est entré dans la résistance active en 1940, à l’âge de 29 ans – il a lancé le bulletin local de la Résistance, « L’écho seynois » ; a accompagné, en 1943, des écoliers évacués pour être mis en sécurité à Chamonix… A la fin de la guerre, il a intégré le Comité de Libération présidé par Pierre Fraysse. Il deviendra ensuite conseiller général, élu parlementaire. Et donc, maire de La Seyne-sur-Mer.

Ce vendredi matin, Marc Vuillemot a dressé un inventaire (non-exhaustif) des projets structurants qui ont vu le jour sous la mandature de Toussaint Merle : Écoles de Berthe Maurice Thorez, devenue André Malraux puis Lucie Aubrac, construction des HLM de la Rouve (immeubles d’état), avant la création de l’Office municipal HLM, ouverture du centre de gymnastique corrective, réalisation des HLM Saint-Antoine, création des écoles municipales de sport, du centre médico-social municipal, de l’émissaire commun, du jardin d’enfants municipal Aristide-Briand, des centres médico-scolaire et médico-sportif, de la salle Baquet, de la contre-jetée de Saint-Elme… En 1959, est mise en chantier la première crèche municipale du Var, aujourd’hui crèche Josette-Vincent. C’est également l’année de reconstruction de l’Hôtel de Ville sur l’emplacement de celui de 1847. Sans compter les projets arrivant à terme au bout d’années de gestation, avec le relais pris par Philippe Giovannini puis Maurice Blanc : beaucoup d’établissements scolaires, l’école des Beaux Arts puis l’école de musique, mais aussi le camping municipal de Janas, le bâtiment destiné au club astronomique Antarès, la bibliothèque rue Croce…

laurence.artaud@la-seyne.fr

Le cadeau d’Alain Boggero

Par attachement à la mémoire de Toussaint Merle, l’artiste seynois Alain Boggero a fait don à la Ville, d’un tableau « qui résume tellement Toussaint Merle » : « La silhouette élégante, l’Huma qui dépasse de la poche, le journal de Jaurès, le journal de combat, le simple mot d’humanité… » On y voit aussi le port, l’Hôtel de Ville…