L’hommage aux Justes de France

A l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France, ce dimanche 21 juillet, une cérémonie s’est tenue au Parc de la Navale,

L’hommage a été rendu autour de la stèle installée en 2011, celle-ci comptant, selon le comité français pour Yad Vashem, parmi « quatre lieux varois de mémoire des 27 362 Justes parmi les Nations reconnus, dont 4 099 Français, ces non Juifs qui, au péril de leurs vies, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi », comme le rappelle le maire Marc Vuillemot.

Lecture a été faite de plusieurs textes, écrits par Jean Huillet, Seynois fils d’un Juste ; par les adhérentes de l’atelier d’écriture de l’association Femme dans la cité ; par les jeunes du service municipal de la jeunesse ; par la député Émilie Guérel ; par l’adjoint Christian Pichard, qui a transmis la parole du gouvernement ; et enfin par Marc Vuillemot, dont voici l’allocution :

« Nous sommes, comme chaque année, réunis le premier dimanche suivant le 16 juillet, date anniversaire de la funeste rafle du Vel d’Hiv’, pour une journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite « gouvernement de l’État français » (1940-1944) ».

La République, déposée par Pétain, s’est exonérée longtemps de cette infamie. Jusqu’à Jacques Chirac qui, avec courage et lucidité, a reconnu en 1995 une responsabilité de la France.

En 2000, les Justes de France sont associés afin que la Nation témoigne sa reconnaissance à tous ceux « qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide ».

Vous permettrez, cette année, que je dédie cette cérémonie à la mémoire d’Henriette Cohen, rescapée d’Auschwitz-Birkenau et décédée le 28 juin dernier. Elle était la doyenne française des rescapés. Son mari et ses deux filles furent sauvés par une famille de paysans des Bouches-du-Rhône, ces bienfaiteurs furent reconnus Justes parmi les nations.

Malheureusement, des crimes, au nom de la race, de la religion, de la différence, sont encore perpétrés de par le monde, dans des situations de guerre, ou pas. L’actualité montre que le rejet des autres guide encore de trop nombreux groupes de personnes.

Il est triste de constater que partager quoi que ce soit avec un étranger, est devenu, plus qu’une crainte, une peur.

Ce ne pourrait être qu’un constat navrant si l’instrumentalisation de ces peurs, la stigmatisation, et, in fine, la conversion de la question sociale en angoisse identitaire, n’était un chemin connu vers le pire.

Inlassablement le travail éducatif, citoyen et humaniste est à remettre sur le métier. Notre mémoire à entretenir : selon les mots du philosophe et poète Hölderlin, on se remémore pour voir venir, c’est la rétrospective anticipative.

Je suis très heureux que les femmes de l’atelier d’écriture de l’association Femme dans la cité aient porté cette parole à faire passer, et, peut-être encore plus au regard de leur jeune âge, que nos animateurs communaux incitent et aident les ados des Espaces accueil jeunes municipaux à préparer et participer régulièrement à cette cérémonie. Ils doivent être fiers car ils montrent qu’ils sont l’avenir de cette mémoire. Nous ne dirons jamais assez le rôle capital de la transmission.

Contre la haine, toutes les haines, affirmons nos principes et le respect des hommes, libres et égaux en droits… et en devoirs.

Chacun a le droit à la liberté de conscience, à la liberté de culte, à la liberté de pensée. Chaque existence a droit à la différence… mais dans le devoir de respecter et d’appliquer les lois de la République.

Nous devons garder espoir en notre capacité à fraterniser, à penser le monde, dans le respect de la terre, des espèces et des hommes, parce que l’immense majorité de nos concitoyens a montré, les jeunes en particulier, leur attachement à la diversité.

Vive la République sociale, fraternelle, solidaire et durable ! Vive l’amitié entre les hommes ! »