Les Atsem, ces agents essentiels à la vie de l’école maternelle

Elles* exercent sous l’autorité de la commune pendant les temps périscolaires, sous celle de l’Éducation nationale durant les temps scolaires. Du matin au soir, les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) sont des acteurs indispensables pour assurer la continuité de l’accueil des enfants. Et en cette année si singulière, elles doivent faire preuve d’une capacité d’adaptation extraordinaire.

Si « la rentrée s’est passée correctement » – aussi bien celle de septembre que le retour des vacances de la Toussaint -, c’est en grande partie « grâce à elles », souligne Kristelle Vincent (en photo à gauche). Aussi, l’adjointe déléguée à l’enfance a-t-elle souhaité « faire un focus sur les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) » : « C’est une façon de leur dire merci ! ».

« Avec la Covid-19, le contexte est très anxiogène, poursuit l’élue. Il faut montrer aux parents que leurs enfants sont bien encadrés afin que les familles soient rassurées. » Or selon elle, « les Atsem ont su faire preuve d’adaptabilité, elles ont été extraordinaires, sachant que c’est tout le système qu’il a fallu revoir et qu’elles ont donc eu un travail plus conséquent à fournir ». D’autant que depuis le rentrée précédente, et l’obligation d’instruction des enfants à partir de 3 ans, « les missions des Atsem en petite section ont évolué : pour l’accueil des très petits, il faut être très présent », poursuit l’élue.

« Elles accompagnent les enfants dans les apprentissages du quotidien »

Kristelle Vincent rappelle que les Atsem interviennent « sur la totalité de la journée », à savoir de 7h30 à 18h et sous la double autorité de la Commune et de l’Éducation nationale. Et l’adjointe ajoute : « Elles sont des acteurs phares pour le passage entre la crèche et l’école maternelle, elles accompagnent les enfants dans les apprentissages de la vie de tous les jours. De plus, à travers leur travail sur l’hygiène, le lavage des mains par exemple, elles font de la pédagogie. Et leur rôle est loin d’être négligeable, puisqu’en dehors de l’école, les parents vont pouvoir être sensibilisés par l’intermédiaire des enfants. »

« Elles sont une aide précieuse à tout ce que l’on met en place tout au long de la journée : les activités, le temps de sieste, le temps méridien… », approuve Laure Riollet, directrice de l’école maternelle Léo-Lagrange (en photo à droite, avec Kristelle Vincent). Et Iris Charlotte, directrice de l’école Anatole-France confirme : « Elles ont un rôle essentiel pour le bon fonctionnement de l’école, pour les besoins physiologiques de l’enfant, l’accompagnement pédagogique et pour l’entretien. Elles sont un atout considérable. »

Un éventail de compétences

La Ville de La Seyne-sur-Mer emploie 97 Atsem pour quinze écoles maternelles. Lesquelles sont ainsi dotées d’une Atsem par classe en petites et moyennes sections, d’une Atsem pour deux classes en grande section. Nettoyage, encadrement sieste, activités avec les enseignants, repas de midi, relation avec la famille, hygiène de l’enfant… Leurs tâches, et par conséquent leurs compétences, sont multiples. Pour exercer le métier d’Atsem, il faut : soit avoir réussi le concours spécifique, soit a minima être titulaire d’un CAP Petite enfance. Les Atsem suivent, en outre, entre 14 et 21 heures de formation par an. Les 19 et 20 octobre derniers, une séquence de formation portait sur « le rôle, la mission, le positionnement de l’Atsem ». L’an passé, par exemple, elles ont abordé l’équilibre alimentaire. Et toutes ont leur certificat de Salarié secouriste sauveteur du travail (SST).

*Sur les 97 Atsem qui exercent à La Seyne-sur-Mer, il y a un seul homme.

Pour mémoire, l’obligation du port du masque, depuis la rentrée du 2 novembre 2020, s’applique aux enfants à partir de 6 ans. Donc à partir du CP et non à l’école maternelle.

Témoignages

École Léo-Lagrange, 8h00.

Roxane et Lisa sont Atsem en petite section à l’école maternelle Léo-Lagrange, la première exerce pour la troisième année, la seconde pour la deuxième année. « Depuis toujours », Roxane voulait travailler « dans les écoles ». Elle a donc passé le concours d’Atsem. Lisa avait effectué son stage de 4ème dans une crèche, elle a poursuivi par un apprentissage pour passer son CAP Petite enfance. Elles racontent : « Avant que les enfants arrivent, on met en place les classes pour les ateliers, puis on les accueille, on passe aux toilettes. Durant le temps scolaire, on intervient en binôme avec l’institutrice, il faut s’adapter à l’enseignante avec laquelle on travaille. Ce matin [du mardi 13 octobre] par exemple, on les accompagne au sport. Nos journées sont très denses, toujours différentes. On voit l’évolution de l’enfant, c’est très intéressant.  »

École Anatole-France, 11h30.

Pendant le temps méridien, les cinq Atsem (pour six classes) se répartissent pour assurer la surveillance de la cour et la surveillance du réfectoire où se succèdent deux services.

  • Dans la cour, Ingrid, Atsem depuis 2012 : « J’ai passé un CAP Petite enfance quand j’étais jeune, puis j’ai travaillé dans le commerce avant de revenir à mes premières amours : les enfants. Il faut que ce soit une vocation, c’est un métier qui demande d’être patient mais qui met du baume au cœur et plein d’énergie. Mais c’est très physique, on est amenées à porter des enfants dans les sections des tout-petits, on soulève des charges pendant l’entretien et le rangement, on est souvent accroupies… Il faut avoir les yeux partout. Le protocole sanitaire a ajouté une charge de travail assez conséquente, on le faisait déjà, mais on accentue le nettoyage et on utilise à présent des produits différents, désinfectants, on nettoie tout ce que les enfants touchent. »
  • Christiane (Nanou), Atsem « depuis presque 20 ans » : « D’un côté c’est fatiguant, mais ça vous tient aussi en forme ».

 

  • Dans le réfectoire, Angélica, qui en septembre dernier entamait sa deuxième année en tant qu’Atsem : « C’est le moment le plus intense : Je récupère les cantiniers en classe, on passe aux toilettes, puis au lavage des mains avant d’aller à table. On travaille en équipe. » (Avec Alicia et Mélanie, en photo ci-après)
  • Alicia : « J’aime ce que je fais, ça reste du plaisir : on reçoit un accueil avec des sourires. Mais c’est quand même sport, c’est un métier où il faut être très polyvalent. Il faut avoir de la patience et de l’énergie. C’est très physique. » 

École Pierre-Sémard, 16h30.

Les Atsem attaquent « leur troisième journée » : mission d’entretien, nettoyage du matériel, avec désinfection des tables, des chaises des sols, dortoirs… dans le cadre du protocole sanitaire.

  • Sadia, Atsem depuis bientôt 10 ans (depuis 2011) : « J’aime mon travail même si les journées sont intenses, c’est un métier valorisant. Je regrette d’ailleurs qu’il ne soit pas mieux reconnu (les Atsem sont des agents communaux de catégorie C qui interviennent aussi sous l’autorité de l’Education nationale). C’est une revendication qui est portée au niveau de l’État. »
  • Sophie exerce depuis 7 ans, elle est devenue Atsem, « par vocation », après une reconversion professionnelle : « Le remerciement, on le lit dans les yeux des enfants, et c’est comme ça qu’on a gagné sa journée. On essaie de faire en sorte qu’ils se sentent bien, surtout en cette période de crise sanitaire. A l’école, nous sommes leur référence du matin au soir. On a forcément aussi un lien avec les parents. On sait qu’on est là pour s’occuper des enfants des autres, mais un enfant est un enfant : on s’attache ! »

Pierre-Sémard, bâtiment A : Sophie, Sadia, Carole, Sonia, Aurélie et Corinne : « On est une équipe ! » Une équipe qui travaille également en coordination avec les agents communaux d'entretien et de la restauration scolaire, et durant le temps scolaire avec l'enseignant, sous l'autorité de l’Éducation nationale.

Pierre-Sémard, bâtiment B : Marina, Marion, Sandra, Cécile, Juliette et Taklit