L’artiste est un citoyen

Roland Duffo est Roland L’Harta, et vice versa. L’artiste-peintre Seynois s’investit pour « défendre l’intérêt général ». Aujourd’hui, c’est la pollution qui le préoccupe.

« La Protestation des pieuvres-éléphants », « La Corvée de nettoyage », « La Grande remontrance ». Si vous êtes passés par les Sablettes, vous avez sans doute été interpellés par les reproductions de ces trois œuvres de l’artiste-peintre Roland L’Harta exposées le long de l’allée Danielle-Miterrand. D’origine basque, Roland Duffo – à l’état civil -, est devenu Seynois il y a 25 ans. Mais le choix de son pseudonyme, L’Harta, est un clin d’œil à ses racines : « C’est le nom de la digue centrale qui protège la baie de Saint-Jean-de-Luz où j’ai passé mon enfance. » A présent à deux ou trois encablures de la grande jetée qui protège la rade, Roland Duffo confie qu’il s’est lancé dans la peinture « depuis petit », d’abord à la gouache. « J’ai peint mon premier tableau à l’huile en 1968, raconte-t-il. J’ai toujours suivi ma propre sensibilité. » De son propre aveu « autodidacte », il n’en est pas moins exigeant : « Il m’arrive de peindre mes tableaux plusieurs fois. Un tableau, je le gagne centimètre carré par centimètre carré. » Son champ de prédilection : « La peinture contemporaine qui s’inscrit dans les combats de l’époque. »

« Solliciter les artistes »

Or, le combat du moment de Roland L’Harta, c’est la lutte contre la pollution, selon lui « le problème majeur des années qui viennent ».

Le pinceau, arme de combat Aussi s’est-il impliqué dans la campagne de lutte contre les incivilités menée par la Ville. En usant de ses pinceaux. Afin d’attirer l’attention sur « les principales pollutions qui peuvent atteindre les plages » (déchets plastiques, mégots de cigarettes, déjections canines…) pour créer le triptyque présenté aux Sablettes, il a imaginé des pieuvres anthropomorphes. « Il fallait trouver un messager du peuple de la mer. » Et l’octopode est réputé pour son intelligence. Mais Roland Duffo, par ailleurs vice-président du Conseil de quartier Sud et membre du bureau du CIL des Sablettes, n’en a pas fini. « Je lance un double appel, déclare-t-il. Aux artistes car plein de thèmes pourraient être traités pour défendre l’intérêt général. Aux responsables publics car ils doivent solliciter les artistes. » Roland L’Harta est également président de “L’Art en action”, association d’artistes plasticiens, présente les week-ends sur le marché nocturne des Sablettes.

laurence.artaud@la-seyne.fr