La Seyne-sur-Mer : 1ère commune citoyenne de la Nation Océan

Samedi 17 octobre : naissance officielle de « La Nation Océan » à La Seyne-sur-Mer. Autour d’Olivier Dubuquoy, géographe toulonnais, le capitaine Paul Watson (Sea Shepherd), José Bové, Sophie Bouquet-Rabhi  et Laurent Bouquet des Colibris, le chanteur Matthieu Chedid et bien d’autres artistes se retrouvent aux Sablettes. Mardi 20 octobre : Marc Vuillemot, premier maire « citoyen des océans » et le conseil municipal, font de notre ville la première commune à adopter la déclaration universelle « The Ocean Nation ».

Un conseil municipal pas tout à fait comme les autres : le mardi 20 octobre, La Seyne-sur-Mer, au nom plus que jamais prédestiné, est la toute première commune signataire de la déclaration universelle de « La Nation Océan ». Dès le 10 octobre, une petite foule, sur le quai de la marine, souhaite la bienvenue au Columbus, navire ambassadeur de l’ONG Sea Shepherd, qui accueillera tout au long de la semaine de nombreux écoliers seynois et des environs. Et le samedi suivant, les Sablettes voient affluer plus de 3 000 nouveaux citoyens des océans autour du grand chapiteau de la mer !

« Bien commun de l’humanité à protéger »

Soirée militante et festive, où montent sur scène quelques-uns des pères fondateurs de « La Nation Océan ». Olivier Dubuquoy, géographe toulonnais, qui est à l’origine du mouvement, passe le micro à ses invités : Paul Watson, fondateur de l’ONG Sea Shepherd, José Bové, Laurent Bouquet, des Colibris… La fille de Pierre Rabhi, Sophie, est venue avec les écoliers et les collégiens du Hameau des Buis, éco-village qu’elle a co-fondé en Ardèche. Ce sont eux qui chanteront la naissance de « La Nation Océan » autour de Matthieu Chedid. Sur scène, Marc Vuillemot, qui sera le premier maire citoyen de la nouvelle nation, rappelait que «le peuple seynois sait ce qu’il doit à la mer qui l’entoure. Ce bien commun de l’humanité est à protéger pour mieux le transmettre. Ne faisons pas l’économie de l’intelligence !»

Désastre invisible

« Depuis une vingtaine d’années, dénonce Olivier Dubuquoy, les Etats colonisent des portions de mer allant de leur littoral jusqu’à 650 km au large ». « The Océan Nation », veut s’élever contre cet accaparement des océans : « Les Etats donnent ensuite des droits d’exploration et d’exploitation aux industriels qui se jettent sur le vivant, le pétrole, le gaz ou les minerais présents dans les fonds marins. L’Océan n’est ni public, ni privé, il est vital pour l’Humanité». Le mouvement mondial naissant, « The Océan Nation », veut s’élever contre cette véritable tentative de « privatisation » des océans : « Pour protéger les océans, on ira jusqu’à l’ONU s’il le faut et nous saisirons la Commission de décolonisation ».

A l’image des actions de l’ONG Sea Shepherd pour sauvegarder la faune et la flore de ce territoire international, l’objectif est de sanctuariser les océans et ainsi de les sauvegarder contre « l’appétit féroce des grands chalutiers, qui raclent le fond des océans plus vite encore que l’on déforeste l’Amazonie ».

Un désastre invisible qui nous « pétera bientôt à la figure » si on ne s’engage pas immédiatement dans la sauvegarde du poumon de la planète. Comme l’explique Paul Watson : « 50% de l’oxygène que nous respirons provient du phytoplancton. Depuis 1950, 40% de ce dernier a disparu, supprimant 90% du cheptel des baleines, privées de leur garde-manger. Une baleine meurt de faim chaque jour. Ce sera nous bientôt si on ne fait rien, car les baleines sont les agriculteurs de la mer. »

90 millions de requins massacrés chaque année

« L’océan est à nous ! Et si les états ne veulent pas le protéger, Nous le ferons ! » menace le capitaine Paul Watson, à la tête de la plus importante flotte de navires appartenant à une ONG. « On massacre 90 millions de requins chaque année.  Alors que dans le même temps, seules 5 personnes sont tuées par un requin. Alors qui sont les monstres ? Statistiquement, jouer au golf est moins dangereux que surfer. Le célèbre surfer Kelly Slater a un message pour les surfers : « Si vous avez peur des requins, ne faites pas de surf, car vous êtes chez eux. » ironise-t-il. Puis, Matthieu Chedid, Massilia Sound System, Tryo, Shaka Ponks et No one is innocent donnent de la voix pour faire résonner le grand cri des peuples pour sauvegarder la planète.

La solution : ne surtout rien faire

Après la campagne « Mare Nostrum » cet été à Marseille où les bénévoles de l’ONG ont nettoyé les fonds du Vieux port et des calanques, Sea Shepherd accompagne Olivier Dubuquoy en plantant un étendard noir à La Seyne-sur-Mer, flambeau de cette nouvelle campagne internationale qui invite tout le monde à s’inscrire comme « Citoyen des océans » sur le site officiel de la Nation Ocean. « Nous saisirons la Commission de décolonisation », scandent Olivier Dubuquoy et les bergers des mers sur la scène des Sablettes. En attendant, « la plus efficace des solutions pour sauvegarder ce qui peut encore l’être est la plus facile de toutes : ne rien faire. Laissons nos océans tranquilles ! » supplie Olivier Dubuquoy.

Soyons tous des bergers des océans, et les mers seront bien gardées.

Après la soirée des Sablettes, l’association « The Ocean Nation » a immédiatement déposé ses statuts, et des milliers de citoyens signent chaque jour en ligne. Si vous voulez devenir vous aussi citoyenne ou citoyen des océans, vous pouvez vous s’inscrire sur le site officiel de la Nation Océan.

sylvette.pierron@la-seyne.fr

Inscrivez-vous pour devenir Citoyen des océans sur : the-ocean-nation.org

La Seyne-sur-Mer a voté une motion à l'unanimité : elle est la première commune citoyenne de la Nation Océan

La motion qui officialise la signature de la Ville à la Nation Océan

Le Columbus, bateau ambassadeur de Sea Shepherd

Le Columbus a accueilli les enfants des écoles pendant une semaine

Les pitchouns sensibilisés sur le Columbus

Le Columbus, bateau ambassadeur de Sea Shepherd est resté à quai devant la mairie pendant toute une semaine. Une semaine pour accueillir les élèves des écoles de la ville et des alentours. But : sensibiliser les plus jeunes à la préservation des océans. Pour Ferdawesse, 10 ans, de l’école Victor Hugo, « il ne faut pas tuer les baleines et ne pas jeter ses déchets car ça tue les animaux. Et l’océan c’est la vie. Je n’irai jamais à Marineland, même si mes parents me le proposent, je leur dirai non. Payer pour pleurer c’est pas la peine». « Oui, il faut pas y aller à Marineland, assure Keylian, 9 ans de l’école Jean-Zay. Ça me fait trop de peine. Je préfère aller à Disneyland. Là au moins, aucun animal n’est maltraité »

Ferdawesse, 10 ans

Keylian, 9 ans

Le « Petit monde » de José

« Quel bonheur d’amarrer le « Petit monde » à quai devant la mairie et à couple avec le Colombus. Préserver notre littoral est aussi important pour moi que de préserver nos zones cultivables et d’élevages. En 2012, on a empêché le forage en eau profonde ici, le sanctuaire Pelagos. Au niveau de la Commission européenne, on s’est battu contre l’exploitation des grands chalutiers. Nous combattons le déversement des boues rouges de Gardanne autorisé chaque année par tous les gouvernements successifs. Aujourd’hui, on est là pour la Nation océan. » Et le maire de lui répondre : « Planter l’étendard de la Nation océan ici, c’est un devoir, un acte de vigilance pour que l’océan reste un bien de l’humanité ».

Le bateau de José Bové, le Petit Monde était amarré devant la mairie

Arrivée du Columbus de Sea Shepherd dans le port de La Seyne-sur-Mer

Olivier Dubuquoy et le maire Marc Vuillemot lancent la Nation Océan

Discours de Paul Watson pour le lancement de la Nation Océan

Carte des ZEE (Zones économiques exclusives) en 2009

Massacre de requins. Sultanat d'Oman, février 1998.