La Seyne : “Mecque” du rugby

Avec un premier match en 1902, l’Union sportive seynoise devient le plus ancien club de rugby de la Côte d’azur. Aujourd’hui, 7 joueurs issus de l’USS évoluent en top 14. C’est sur la formation des jeunes et sur le maintien en fédérale 1 que se concentre aujourd’hui le club.

Henri Giovannetti est un ancien joueur et dirigeant de l’USS. Il nous raconte la naissance du club, aussi appelé “La Mecque” par ses fans des premières heures, qui avaient choisi de donner ce nom à l’amicale des supporters (voir pourquoi dans l’encadré ci-dessous). “Il s’agit d’un temps fort pour notre mémoire collective, explique Henri. Le stade Marquet, ex-stade de la Muraillette, a accueilli des matchs de rugby dès 1900. Deux ans plus tard naissait l’USS”. C’est Victor Marquet, ingénieur aux chantiers, qui introduit le rugby à La Seyne : “Il est le fondateur de l’USS et le marqueur décisif du premier match contre l’Olympique de Marseille, il sera président de l’USS jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale mette le club en sommeil.”
Jean-Claude Novelli a été l’un des présidents du club, de 1999 à 2003 avec Alain Rinaldi : “L’USS a évolué en même temps que le rugby s’est transformé. Autrefois, les budgets étaient plus restreints. Aujourd’hui, les sponsors privés financent plus que les collectivités locales. La tendance est malgré tout à un retour des codes et des valeurs de ce sport”.

La jeunesse d’abord
Ces valeurs de combativité et de convivialité, défendues haut et fort par l’USS sont au coeur des objectifs de l’Ecole de rugby qui accueille 250 jeunes tous les mercredis. “Avec notre nouveau directeur sportif, Laurent Tifia, nous misons beaucoup sur la formation, avec une attention toute particulière sur les cadets/juniors, qui sont à un âge où les ados sont plus fragiles, explique Jérémie Fickou, vice-président et frère du joueur professionnel Gaël Fickou (en photo ci-dessus). Le but est de former des futurs pros, mais avant cela, d’en faire des hommes”. L’objectif de cette saison 2018/2019, est clairement “le maintien en fédérale 1 (NDLR : 3e division nationale), explique Jérémie Fickou. Avec une politique pour attirer les investisseurs pour développer le rugby seynois. On a tout pour réussir”
La Seyne-sur-Mer, grâce à ce club qui a 115 ans d’histoire, vibre pour le rubgy. Une autre « exception seynoise », au milieu d’une région qui se passionne un peu plus pour le foot.

sylvette.pierron@la-seyne.fr

Photo ci-dessus : « Présentation des nouveaux maillots au Grand hôtel des Sablettes le 18 octobre dernier. De gauche à droite : Olivier Willem, co-président, Gaël Fickou, 3/4 centre au Stade français Paris, Patrick Philibert, président et Jérémie Fickou, co-président. »

Toni et Marcel nous expliquent pourquoi La Seyne est surnommée "La Mecque"

Pourquoi « La Mecque » ?

Saynète vue et surtout, entendue en centre-ville le mois dernier : deux hommes s’embrouillent, comme on dit chez nous. Le plus vieux d’entre eux entonne : “Ho, je suis de La Mecque moi, tu sais ce que ça veut dire. Hé non, tié trop jeune, minot va !”. Pourquoi La Seyne était-elle surnommée « La Mecque » et pourquoi le premier club de supporters de l’USS s’appelait ainsi ? Toni Giugiaro qui a retrouvé un ancien tee-shirt du club de La Mecque (voir photo ci-dessus) nous explique :

Du temps du bagne de Toulon, on pouvait être emprisonné pour pas grand chose : « L’arrière grand-père de mon grand-père le tient de son vécu, raconte Toni Giugiaro. Il a bien connu cet homme condamné au bagne pour avoir « corrigé » un homme qui avait regardé sa « jeune » soeur, de 40 ans, de manière trop appuyée. Il se croyait pourtant dans son bon droit. A l’époque, il n’y avait ni télé, ni portable pour donner des nouvelles et les bagnards en mal du pays et de la famille s’évadaient souvent. C’était très mal vu à l’époque. Lorsqu’un bagnard s’évadait, pour prévenir la population, on dressait sur notre belle colline du Mai, un grand mât auquel on accrochait un grand drapeau rouge. Les Seynois qui le découvraient, disaient : « Tiens, un bagnard s’est évadé, il y a le mât au Mai ». D’où par extension la ville a été surnommée « La Mecque », ville natale de Mahomet”

« Le club de rugby seynois s’appelait « USS FCM », se souvient Toni. C’était trop long à dire ! Vu que le moindre effort nous coûte, un ancien du club a dit un jour « J’ai joué à La Mecque moi ! ». L’US La Mecque était née. Par la suite, les Seynois, très imaginatifs ont créé leurs « pèlerinages » à eux. Partant du stade Marquet pour la troisième mi-temps, jusqu’au centre, en passant par la rue Gambetta, assoiffés, ils entonnaient tout au long du chemin : « ALLA péro ! »

« Bon ça fait un quart d’heure que je vous parle, je suis crevé. Allez adésias, je vais faire la sieste ! « 

Propos recueillis par sylvette.pierron@la-seyne.fr

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La ferveur du public seynois au stade Marquet