La Petite Garenne accueille des migrants mineurs

L’Adapei var-méditerranée a inauguré le 8 janvier dernier une résidence d’accueil pour mineurs du bout du monde à la Petite Garenne. 40 jeunes garçons de 15 à 18 ans s’y reconstruisent après avoir fui des terres hostiles où leur vie était en danger

Le maire Marc Vuillemot ne cachait pas son « émotion lorsque les jeunes mineurs ont raconté leur histoire, leur exil, leur errance, leur jeune vie déjà lourde de drame et leur «bonheur» de se voir accueillis et de pouvoir enfin commencer à exister à nouveau. Je suis ravi chaque fois que la République pose des actes solidaires et fraternels concrets donnant une réalité aux valeurs qui trônent à ses frontons effaçant quelque peu la récente polémique qu’avait soulevé l’accueil des Mineurs Non Accompagnés (MNA) au fort de St Elme à La Seyne-Sur-Mer, sous la coupe des Apprentis d’Auteuil. Bravo ! Et n’oublions jamais institutions, collectivités, Etat, associations, citoyens, notre devoir d’humanité ».

Une existence meilleure

Encadrés par 28 professionnels du secteur éducatif, social, médico-social, para-médical, administratif et technique, ils sont originaires du Bangladesh, de Guinée, d’Albanie, du Pakistan, d’Afghanistan, de Turquie ou de Côte d’Ivoire. Ils ont tous fui leur pays pour une existence meilleure. « Même s’ils apparaissent souvent comme « dégourdis » et volontaires, expliquent les membres de l’équipe d’encadrement, il ne faut pas minimiser leur vulnérabilité et leur besoin d’être accompagnés et soutenus. Car l’exil ne peut se réduire au simple fait de changer de pays. C’est une expérience qui confronte le jeune à de nombreuses pertes : perte de ses repères culturels, langagiers et familiaux. C’est une expérience qui renvoie au processus de séparation, et pour certains de rupture brutale, voire invalidantes ».

Rassurer les riverains

En tant qu’enfants de facto en situation de danger, les mineurs non accompagnés ne sont pas soumis aux règles d’entrée et de séjour des étrangers et ne peuvent faire l’objet d’aucune mesure d’éloignement. Ils relèvent du droit commun de la Protection de l’enfance au même titre que les mineurs mandatés (étudiants ou jeunes travailleurs éloignés ou séparés de leur parent), les mineurs exploités (le plus souvent des filles victimes de réseaux de prostitution), les mineurs fugueurs ou en rupture avec leur famille ou encore les mineurs en errance. On en compte 508 dans le département du Var. Un chiffre qui, hélas, ne cesse de croître. Le Département a pris la mesure de cette évolution avec la création de la Petite Garenne. C’est au titre de l’Aide sociale à l’enfance que cette résidence est financée par le Département. Pour le département, la municipalité de La Seyne-sur-Mer et le maire Marc Vuillemot « ont fortement contribué à l’ouverture de la résidence. Toutes les actions ont été engagées pour faciliter les démarches administratives et rassurer les riverains ».

Répondre aux besoins fondamentaux

Ouverte le 24 octobre 2018, la résidence de la Petite Garenne répond aux besoins fondamentaux de chaque jeune. Lui fournit un environnement sécurisé, des conditions de vie décentes, et un accompagnement psycho socio-éducatif qui permettent à ces jeunes d’acquérir un bagage scolaire et/ou professionnel qui les prépare au statut d’adulte.

Même si la résidence ne pourra effacer la séparation de leurs proches ni leur errance douloureuse, la Petite Garenne tente de leur apporter des droits communs à tous les enfants de France. A savoir, le droit au soin, à la scolarité, aux apprentissages, à l’accès à la culture, d’être défendu, écouté et accompagné. Bienvenue à La Seyne-sur-Mer !

sylvette.pierron@la-seyne.fr

Le reportage de Var Azur TV