Jeunes issus de trois pays, ils font l’expérience de la différence

Après Casablanca l’été dernier, des jeunes Français, Allemands et Marocains ont à nouveau été réunis cette dernière semaine d’août à La Seyne, pour la deuxième étape du programme d’échange tri-national « Art et mouvement ». Un projet organisé au Centre social et culturel Nelson-Mandela.

« Trois jeunes de nationalités différentes, qui ne se comprennent donc pas au départ, doivent discuter pour trouver une idée commune. » Hanane Rachidy coordonne, au Centre social et culturel Nelson-Mandela, le programme d’échange international entre jeunes Allemands, Marocains et Français. Elle raconte comment, à la faveur de la création d’une œuvre artistique, l’étape traduction est peu à peu escamotée tandis que d’autres techniques de communication se mettent spontanément en place. En s’appuyant sur l’art comme média « pour créer du lien », ce qui différencie devient un atout, les barrières tombent, les points communs se révèlent.

Trois nationalités, deux voyages

Débuté l’an dernier, le projet « Art et mouvement » a pu être mis en œuvre grâce à un partenariat avec la fédération Tofola Chaabia au Maroc et l’école d’Arts Atrium à Berlin Reinickendorf, « ainsi qu’avec le soutien de la Ville, de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et du mouvement d’éducation populaire des Francas », précise Anne Laurence Petetin, responsable de l’Espace Jeunes Wallon du CSC Nelson-Mandela.

Cette dernière semaine d’août à La Seyne, il s’agissait ainsi de retrouvailles pour la vingtaine de jeunes marocains, allemands et seynois qui se sont rencontrés l’été dernier à Casablanca – et se reverront l’an prochain à Berlin. Un projet au long court à hauteur d’adolescents, lequel rassemble, en ce qui concerne les Français, des élèves germanistes des collèges Henri-Wallon (Berthe) et Font-de Fillol (Six-Fours). Tous ont été suffisamment motivés pour s’engager dans cette aventure d’ouverture proposée par leur professeur d’Allemand Christine Martinez, en s’impliquant trois étés d’affilée. « C’est enrichissant pour tout le monde », commente l’enseignante, en précisant que « la langue n’est pas l’aboutissement du projet ». Des jeux linguistiques étaient néanmoins au menu des distractions du groupe hébergé au Centre de vacances RATP, même si le programme s’articule essentiellement autour des arts-plastiques.

Ateliers avec Blandine Trapon et Michel Breil

Au Maroc, les jeunes avaient en effet appris la calligraphie, ou encore à créer des œuvres à partir de matières fournies par la mer (du sable et du verre dépoli). En Allemagne, ils toucheront notamment à la sérigraphie. Et à La Seyne cette semaine, ils auront pu s’essayer à la gravure avec l’artiste Michel Breil ainsi qu’à la photographie avec Blandine Trapon.

« La gravure demande beaucoup de précision, d’attention et de patience. On la pratique sur des tas de supports, ici on a choisi du lino », explique Michel Breil, autant ravi de partager son savoir-faire que ses élèves sont épatés par ce qu’ils ont réussi à créer « à trois mains ». « On était heureux d’apprendre, on l’est encore plus de transmettre », confie l’artiste.

Avec Blandine Trapon, les adolescents ont réalisé « des prises de vue sur le thème du voyage et de la rencontre. Un prétexte, selon elle, pour se mettre en scène ensemble ». L’image se substitue ainsi à la parole dans l’idée d’« aborder ce sujet de la différence et de la migration à travers un autre langage ». Ils en ont tiré une œuvre photographique géante installée, ce jeudi 30 août au pied du Pont, sur le parc de la Navale. Une fresque qui restera visible jusqu’à ce que le temps l’efface, telle une signature de ce beau projet, d’ailleurs salué par le maire. Marc Vuillemot a souhaité recevoir les jeunes participants en mairie ce vendredi 31 août, à la fin de leur séjour seynois.

Leurs travaux ont également été valorisés par un vernissage, hier soir, jeudi 30 août, au CSC Nelson-Mandela

laurence.artaud@la-seyne.fr