Incivilités : « prévenir n’est pas tolérer ! »

Pour lutter contre les incivilités, une maraude supplémentaire composée de médiateurs, d’agents de surveillance de la voie publique et de la brigade de l’environnement, a été mise en place. Tous les jours, ces agents préviennent toutes incivilités sur le terrain. Pour le moment, ils préviennent… avant de sortir le carnet à papillons.

 

Ils sont 19 agents, tous dédiés à la même tâche : faire baisser voire faire disparaître les actes d’incivilités en ville. Une campagne de communication très colorée et très informative a, dans un premier temps été déployée dans toute la ville. Vous avez sûrement remarqué ces affiches au style pop art que la Ville a placardées aux quatre coins de la commune. Mission : montrer que chaque incivilité, même légère, comme le jet d’un mégot par terre ou le vol de végétaux peut nuire au bien-vivre. Montrer aussi que la loi n’est pas tendre avec les incivilités. Qu’un mégot par terre par exemple, c’est 150€ d’amende. Que faire du bruit en dérangeant la tranquillité publique, c’est 450€. Que prendre une plante dans un massif, c’est un vol de bien public, passible de 45 000€ et de 3 ans d’emprisonnement. Que faire pipi dans la rue, c’est 450€.

Stationnement anarchique

Cette campagne s’est également déclinée en différentes cartes postales que les agents de la maraude distribuent au besoin. Elle est composée d’un médiateur, d’un agent de surveillance de la voie publique et d’un agent de la police de l’environnement. En ce matin du 17 avril, ils sont fin prêts pour sillonner le centre-ville. Et de faire quelques mètres à peine avant de tomber sur la première incivilité du jour. Une voiture garée sur le trottoir. « Je décharge vite fait et je pars me garer plus loin ». Le commerçant qui a tout de suite compris le motif de l’entrée des 3 agents dans sa boutique, admet sa « faute », et promet que ça ne durera pas longtemps. Plus loin, un scooter est garé sur le cheminement piéton. Les agents se mettent alors en quête du contrevenant. Le trouvant dans une boutique non loin, c’est avec le sourire que les agents lui expliquent que la place d’un scooter n’est pas là où il peut empêcher une poussette de passer. « Je comprends, vraiment je suis désolé, je l’enlève de suite ».

Toutou sans laisse

Rue Franchipani, les voilà face à un nouveau tag sur une porte d’entrée d’immeuble. « Il n’y était pas hier, assure Sandrine de la brigade environnement. Dès lors, l’agente municipale se met en quête du propriétaire : « Pour faire intervenir les détagueurs, il nous faut l’accord du propriétaire » explique t’elle.

En face, c’est un sac poubelle qui, à 9h30 attend le passage des poubelles prévu… le soir. Et là démarre une micro-enquête. A qui appartient le sac ? Sandrine enfile ses gants et n’hésite pas à fouiller. Parfois, les agents trouvent la trace du propriétaire, parfois non. Dans tous les cas, ils appellent le prestataire Propreté de la ville, en l’occurrence, Pizzorno qui, quelques minutes plus tard vient faire disparaître le sac de la voie publique. Plus loin encore, c’est un petit toutou qui erre. Les agents le connaissent, son maître est un commerçant : « Monsieur, votre chien n’est pas supposé errer en ville sans laisse. Il pourrait se faire écraser ou provoquer un accident pour un automobiliste qui voudrait l’éviter ». Avec de tels arguments, difficile pour le maître d’arguer. « Vous avez raison, rétorque t-il. Allez rentre mon petit chien ! Tu seras mieux dans la boutique avec papa. Merci à vous ! Vous faites du super boulot ».

Le dialogue avant tout

Du super boulot axé sur le dialogue, la communication, l’explication. Le tout dans la convivialité. Et quel théâtre plus efficace que le marché du cours Louis-Blanc pour ce faire. Car même si la finalité reste la même, faire prendre conscience des incivilités, expliquer et prévenir des amendes encourues, le faire avec le sourire passe mieux. 

Petits délits, gros soucis

Mais force est de constater que de rues en rues, de placettes en placettes, le nombre des petites incivilités est significative. Des petites incivilités, certes, mais qui, mises bout à bout, rendent le quotidien difficile pour les habitants et les visiteurs du centre ancien. Qui n’a jamais eu ce sentiment d’impunité en jetant un mégot ou en remisant son vieux meuble sur le trottoir, jette la première pierre. Et pourtant, cette impunité est à la source de ce sentiment d’insécurité, qui finit par plomber l’ambiance bon enfant d’un quartier.

Citoyens modèles

Patrick Ducheix

Sur le terrain, et dans un premier temps, la maraude est là pour prévenir. Mais attention, comme le précise le médiateur, Ibou Diop : « prévenir ce n’est pas tolérer ». Car pour le moment, les policiers municipaux ne sortent pas le carnet à papillons. Mais ça ne saurait tarder… A moins que les Seynois ne deviennent tous, sous peu, des citoyens modèles. « Chaque jour, explique Patrick Ducheix, responsable de la Police municipale, la maraude répertorie toutes les incivilités rencontrées. Au bout de quelques semaines, nous aurons une courbe. Cette courbe a déjà tendance à baisser depuis le début de la campagne. C’est encourageant. Plus la courbe augmente dans le bon sens, moins forte sera la phase répressive, c’est le but ! »

A bon entendeur…

sylvette.pierron@la-seyne.fr

Bientôt, la vidéo verbalisation va entrer en fonction. Mais depuis 2005 et les premières caméras, La vidéosurveillance participe aussi à la lutte contre les incivilités

« Les premières ont été installées en 2005/2006, rappelle Patrick Ducheix, responsable de la Police municipale. Mais elles étaient peu nombreuses et fixes ». En 2008, les caméras de deuxième génération, plus mobiles et plus précises ont été installées dans tout le centre-ville, sur le parc de la Navale et ailleurs. Même si ces équipements, qui bientôt vont verbaliser les contrevenants à distance, sans déplacer le moindre agent, n’ont pas vocation à surveiller les contrevenants aux heures de dépôt des poubelles, leur présence est, dans ce domaine, dissuasive. Elles participent par ailleurs à abaisser le sentiment d’insécurité.