Ifremer : de la rade aux abysses

Le 14 mars, le centre Ifremer Méditerranée présentait à Brégaillon le dernier-né de l’Unité Systèmes sous-marins. le robot « Ariane » atteint 2500 mètres de profondeur en mode télé-opéré ou autonome, à l’instar d’un drone. 

De l’Erika au Titanic, en passant par le vol Rio-Paris, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) s’est maintes fois illustré sur la scène internationale. Jusque-là, ces sinistres voyaient l’intervention de sous-marins reliés par d’énormes treuils. « Il a fallu optimiser le coût des opérations en mer, les rendre rapides et flexibles. Par sa liaison en fibre optique, Ariane plonge depuis des navires de plus petite taille, moins onéreux, jusqu’à 2 500 mètres de profondeur », souligne Vincent Rigaud, directeur du Centre Ifremer Méditerranée. Son secret ? La gestion dynamique de sa fibre optique, qui lui permet de travailler en mode autonome, comme un drone. « Le système est unique au monde. Nous l’avons breveté. En bout de fibre optique, un flotteur est connecté à une laisse de traction, plus résistante », remarque Jan Opderbecke, responsable de l’Unité système sous-marin. 

Télé-opéré ou autonome, Ariane a la taille d’une voiture citadine lui permettant d’évoluer dans les canyons sous-marins ou les falaises. « L’engin dispose de deux bras manipulateurs, d’un préleveur d’échantillons (eau, sédiments, espèces) et de caméras hautes-résolutions géo-référencées », note Ewen Raugel, chef de HROV Ariane.

Jusque mi-avril, à bord du Suroît, Ariane sera testé sur des missions d’observation et de cartographie des fonds marins. Le moyen, à terme, d’intervenir à moindre coût sur des situations d’urgence ou d’inspecter ouvrages industriels offshore ou sites archéologiques…

gwendal.audran@leseynois.fr

Chercheurs, ingénieurs ou techniciens

Chercheurs en aquaculture durable, en pathologie des mollusques, en hydrologie des systèmes côtiers, ingénieurs électronicien, biochimiste, en robotique, techniciens halieute, aquacole ou génie mécanique, l’Ifremer offre une kyriade de compétences relatives à l’exploration des fonds marins. 50 ingénieurs de six nationalités différentes travaillent au centre de La Seyne.  Retrouvez les offres d’emploi sur wwz.ifremer.fr

Ariane, le dernier né de l'unité systèmes sous-marins d'Ifremer

Partenariat industriel

Ariane s’est construit depuis 2010 en partenariat avec une vingtaine d’entreprises, dont certaines locales : Prolexia à La Seyne, Robopec à Six Fours, Eca Robotics à La Garde, Osean (électronique sous-marine) au Pradet. Le financement, en plus de l’EPIC, a été assuré par les fonds européens FEDER, le Conseil régional, la Communauté d’agglomération TPM et le Conseil général.