Henri Giovannetti nous a quittés

Adieu Henri,
La Seyne, avec tristesse, voit disparaître un autre grand de ses aieux monsieur Henri Giovannetti, il adorait sa ville, il adorait son club de rugby, et si avant de nous quitter, ses jambes n’étaient plus, depuis longtemps déjà, alertes à cause de la maladie, sa plume, elle, virevoltait, comme ses traits d’esprits et nous emmenait sur les sentiers en vers de sa mémoire inaltérée, à travers les rues de sa Seyne d’enfance, sous les pins de Janas, au bord de la mer… Et dans « Le tour d’honneur », l’un de ces poèmes, il disait  » Le grand patron là-haut, m’a contacté hier soir par sms express afin que j’organise ma dernière excursion dans mon plus beau costard pour aller voir là-bas… du coté de l’église » et il y demandait, pour son son dernier voyage, de faire le tour de sa ville, mais de « faire ce circuit à petite vitesse, j’ai préparé pour vous ce bel itinéraire »  et des Moulières au Marégau, du Marégau au Manteau, du Manteau à Balaguier, il nous faisait, dans chaque lieu, à chaque pause, profiter de la vie en remontant le fil de l’eau et du temps. Voilà, Henri, je m’associe aux Seynois pour témoigner à ta femme, à tes proches, nos condoléances les plus sincères. Tu as dit « adieu au Mistral (pour) aller là-haut voir d’autres paysages ».
Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer
Crédit photo ci-dessus : Guillaume Luque

Un des nombreux poèmes d’Henri, que l’on peut lire sur son site Internet

MA VILLE.

Quelle est belle ma ville aux quarante collines
Ces mots de Caminade* j’aime les répéter
Belle comme un printemps dans sa senteur marine
Qui attend, impatient de peindre ses bosquets.
Du chemin Paradis à celui de l’Oïde*
De la Colle d’Arthaud à la tour Balaguier,
On semble deviner l’éveil des chrysalides
Préparant leur envol pour la forêt du Mai.

Allons vers Tamaris pour contempler la mer,
Respirer un instant les odeurs d’Orient
Pensons à George Sand et aux frères Lumière
Puis à Michel Pacha, que l’endroit est charmant.
Venant du Bois Sacré, les flots de vacanciers
Pressés de retrouver la plage des Sablettes,
Pourront voir c’est nouveau, le parc paysager
C’est ma ville tout çà, oublions un peu Berthe.
Coste-Chaude au lointain s’inonde, c’est normal

Au jardin on verra mille joueurs de boules
La pétanque en ce lieu est un sport national
La pêche le matin, une sieste et ça roule
C’est La Seyne sur mer, c’est ma ville natale.

* Pierre Caminade. Poète, romancier et journaliste seynois.
* L’Oïde. Fleuve seynois, (ne riez pas, tout cours d’eau qui se jette dans la mer est un fleuve. Larousse.) prend sa source au vallon des Moulières et rejoint la Méditerranée.
Plus sérieusement c’est un mignon ruisselet qui se faufile, surtout après de fortes pluies à travers nos collines. Il boude depuis que nos belles bugadières du lavoir des Moulières l’ont délaissé et ne se montre qu’à de très rares occasions sous le pont de la Verne, un pont que l’on a construit pour lui.

Henri Giovannetti.