Fabrégas détient son peintre

Adossé aux flots bleus qui bordent le Chemin du bord de mer, l’atelier de Lorenzo Ciufici vient d’ouvrir ses portes début mars…pour les rouvrir à nouveau à l’issue du confinement.

S’il est des petits paradis sur terre où l’on parvient à oublier presque tout, c’est bien l’anse de Fabrégas. Certainement sensible à ses charmes, le plasticien Lorenzo Ciufici a choisi il y a quelques années de s’y poser à un moment de sa vie où calme et sérénité semblaient nécessaires. Là, près de la Méditerranée aux couleurs changeantes, il a su trouver un équilibre inspirateur et du temps pour le traduire sur la toile. « Depuis toujours je suis attiré par la nature, ses manifestations et ses productions qui sont aussi belles qu’étranges. Depuis toujours, je collecte ici et là au cours de mes balades ou de mes randonnées, des pierres, des morceaux de bois, des tissus… bref tout ce qui peut être motif ou fruit de mes contemplations et je suis d’ailleurs un contemplatif. J’ai souvent par le passé associé différents matériaux ensemble ou transformé certains comme pour une création. Mais pendant des années, j’ai exercé un métier très prenant qui ne me laissait aucune miette de temps libre pour vraiment m’investir à fond », souligne-t-il.

La nature au cœur

Ainsi il y a un peu plus de deux ans, Lorenzo Ciufici s’est lancé dans l’aventure. Comme dans les contes pour enfant, il a choisi un jour d’orage et de plein vent d’est où les pins centenaires paraissent balayer les nuages pour souffler les siens qui le séparaient de cet envie de faire, d’entreprendre la matière …finalement de créer. « Je me souviens de ce jour où la météo était exécrable… J’étais devant ma porte à regarder tout ça et je suis allé acheter des toiles, des tubes de couleurs, une spatule pour me mettre au travail, enfin, le soir même. J’avais passé le cap et je n’oublie pas du reste la personne qui m’a tendu la main et encouragé pour franchir cette nouvelle étape dans ma vie ». L’artiste use de la technique du pouring (« to pour » signifie « verser » en anglais), qui consiste, après avoir préparé ses couleurs dans des godets, à les laisser couler sur la toile pour ensuite les travailler, chaque artiste utilisant ses procédés propres. Lorenzo poursuit : « Après avoir posé mes couleurs, je suis très à l’aise ensuite, même si cela exige beaucoup d’attention et qu’une erreur irrattrapable est vite commise. Je travaille d’après des projets écrits, des notes qui me guident car je sais toujours à l’avance ce que je souhaite réaliser. L’inspiration est étroitement liée à la nature, l’œuvre en est la traduction, par exemple les veines que j’aurais pu apercevoir dans une pierre au cours d’une balade. Je me sers également d’un chalumeau pour révéler au mieux les couleurs. C’est également un travail physique, il m’arrive parfois de saisir une toile de 100 par 100 pour la pencher afin que la matière coule plus d’un côté que de l’autre ». De ces corps à corps naissent des œuvres à l’univers singulier, à mi-chemin entre les tonalités des rêves New Age et les préoccupations plus environnementalistes d’un citoyen du monde, Lorenzo Ciufici ayant le (bon) goût des voyages. L’homme est plutôt loquace sur son travail en devenir, allez à l’atelier comme on va à la plage, rendez-lui visite.

Jean-Christophe Vila

Pour contacter Lorenzo….

Sur les réseaux sociaux : Lorenzo Ciufici, Artiste

Ouverture de l’atelier jusqu’au 30 octobre

10h – 19 h sur rdv

426 Chemin du bord de mer Fabrégas 83500 La Seyne sur Mer

Tel : 06 28 60 31 05

lorenzo.c83500@gmail.com

(photos Jean-Christophe Vila)