Exposition Objectif Collections 1

jeudi 23 mai, à partir de 18h30, le Fort Napoléon accueille le vernissage de l’exposition « Objectif Collections 1 », avec sept tirages extraits du fonds photographique d’Henri Sébastien entouré des photographies  d’Edouard Dunand.

L’exposition « Objectif Collections 1 » est un dialogue à distance de plus d’un siècle entre les photographies d’Henri Sébastien (Collections de la Ville de La Seyne sur Mer) et un photographe du temps d’aujourd’hui, Édouard Dunand. Sept tirages d’Henri Sébastien donnés à la Ville par Benoist Quiviger sont donc choisis pour les thèmes ou les détails qu’ils mettent en valeur. A partir de ces éléments, Édouard Dunand propose une rencontre avec des photographies issues de ses archives, notamment des séries qu’il a coutume de travailler. Cette exposition est aussi l’occasion d’annoncer la création de Réserves au fort Napoléon, le cycle « Objectif Collections » est consacré à cette richesse qu’il convient de porter à la connaissance du plus grand nombre.

Inauguration expo Collections 1 au fort Napoléon, le 23 mai dernier…

Édouard Dunand, photographe

Il fait partie des inclassables qui ont pour dénominateur commun la curiosité du monde les entourant. Édouard Dunand pratique la photographie depuis… hou la… depuis toujours, ce qui permet d’écraser le temps qui passe pour se consacrer au temps qui reste et, dans ce domaine, on peut se fâcher pour quelques centièmes. Édouard est la définition la plus absolue de l’amateur, de celui qui pratique un art par pur plaisir, en dilettante, dans sa première acception. Il est du reste permis de penser qu’Henri Sébastien, à qui il rend hommage grâce aux tirages issus de la collection que Benoist Quiviger a offerts à la Ville, pratiquait la photographie dans le même état d’esprit. Édouard Dunand reçoit son premier appareil, un Kodak Rétinette, à l’occasion de sa communion…déjà la Lumière. Son père photographie à travers un Leica…bel environnement. D’un passe-temps de gamin on accède peu à peu à une pratique affirmée. Un peu plus tard, le déclic change de camp et de gibier : Edouard vend son (beau) fusil pour s’offrir la Mercedes-Benz du diaphragme : un M6. Les attentes sont les mêmes, on marche, on scrute, on s’interroge, on s’émerveille puis on tire pour prolonger le temps au lieu de l’arrêter et offrir enfin d’autres couleurs au rouge. La vie s’écoule, la famille, les enfants, l’entreprise, les hauts, le bas pour mieux rebondir et toujours l’envie de « faire des images » chevillée au corps. Édouard Dunand se frotte au matériel complexe, chambre photographique, Hasselblad…et formats argentiques divers 6×6, 24×36, 6×9, Polaroid… et finit par entrer en numérique même si un ou deux rouleaux prennent encore des lux à l’occasion. Il a un attrait pour la photographie américaine, démarre des séries « à partir d’une photo qui me marque comme celles prises dans le train qui nous menait à Rome », aborde les paysages et les situations « qui accrochent lorsque la lumière est au mieux », détaille la composition d’une image « par le rythme qui l’anime » et redevient chasseur lorsqu’il tire un portrait « en face d’une personne, tu veux qu’elle soit naturelle, tu prends la photo lorsqu’elle se relâche ». Témoins les 125 portraits qu’il a pu réaliser pour le Théâtre de Grenoble de 1989 à 2003, 125 artistes (Jean Marais, Michèle Morgan, Danièle Darieux, Jean Piat, Jean-Paul Belmondo…) jouèrent le jeu du clic dans leur loge avant la claque de la scène. C’est donc l’histoire d’un photographe, à la fois esthète dans ses choix, gourmand dans son appétit de la vie, chaleureux dans sa relation à l’autre, grand collectionneur d’instants dérobés à l’éternité partit à la rencontre d’Henri Sébastien, commerçant toulonnais et photographe amateur sur plaques de verre.

Jean-Christophe Vila