« L’Europe », le traqueur de pollutions, en mer jusqu’au 12 avril

Du 21 mars au 12 avril, le catamaran « l’Europe » va disséminer 99 poches de moules sur le littoral méditerranéen français. La 5e campagne de contrôle qualité des eaux menée par l’Ifremer, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la station marine corse Stareso.

« Dans les années 60, on traquait les métaux lourds. Aujourd’hui, ce sont les anticancéreux, les polychlorobiphényles (PCB) et les microplastiques qui nous préoccupent ». Expert du milieu marin, Pierre Boissery exerce pour l’Agence de l’eau. Depuis 2003, l’établissement public de l’Etat conduit en effet tous les 3 ans des campagnes d’analyse des eaux marines avec l’Ifremer : « On s’inscrit dans la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) de l’Union européenne », précise Marc Bouchoucha, chercheur à l’Ifremer. Embarqué sur « L’Europe » en compagnie de 4 autres scientifiques, ce dernier doit disséminer 99 poches de moules par 40 mètres de fonds, à un kilomètre du trait de côte. « Ce qui nous intéresse, c’est l’état chimique de l’eau ; à savoir sa toxicité, la présence de sédiments, de micro-plastiques et la transmission dans la chaîne alimentaire. En l’occurence, les moules, qui seront relevées en juillet prochain, sont des filtres intéressants à analyser ». Les conséquences sur la faune et la flore (algues, phytoplanctons, posidonies, coralligènes) doivent par ailleurs être décrites, « même si le cocktail de contaminants complique les diagnostics ».

12 stations sentinelles seront installées en priorité dans les zones impactées par la campagne de surveillance 2015 : le golfe de Fos et ses composants chimiques, la rade de Toulon et ses contaminants métalliques, la rade de Villefranche et ses sédiments pollués, ou encore le cap Corse et ses pollutions au nickel et au chrome. « Insistons toutefois pour dire que la Méditerranée va plutôt mieux », relève Marc Bouchoucha. « Des coquillages aux plus gros poissons de la chaîne trophiques, on s’aperçoit que la biomasse est plus impactée par les aménagements littoraux que par les pollutions maritimes », insiste-t-il. Et Pierre Boissery de conclure : « Les 300 000 légionelloses enregistrées chaque été dans les années 80 sont aujourd’hui de l’histoire ancienne. Les stations d’épuration ont malgré tout amélioré les choses ».

gwendal.audran@la-seyne.fr

Plus d’infos : www.eaurmc.frwww.ifremer.fr www.stareso.com