Legi a la plajo tout l’estieu

L’Effet Mer ne dure que l’été, mais comme la lecture va bien à la plage ! Cette bibliothèque littorale accueille des baigneurs, qui ramèneront les ouvrages où ils veulent. Avec souplesse et séduction, l’opération qui termine sa seconde saison s’est déjà inscrite dans les mœurs vacancières.

Uno troupo de nistoun escagassa sus de transat, achini dins uno BD o un rouman, ben a l’oumbro d’un envan, vaqui l’image que lei bagnaire avien souto leis uei fa encaro un mes, au pargue Braudel, tout a cousta deis areno e deis erso.

« Aven mai capita aquest’estieu que l’an passa, segur ! » se bèn-astrugo Julien Barlier, lou cap biblioutecari de La Seino. « Ero mai abouti qu’en 2014, qu’avian fa l’escoumesso de far legi lou mounde a la plajo ».

A l’escoumesso, li dison « L’efemèr » (L’effet mer), uno galejado de títou per dire que, fin finalo, l’atrivança de la plajo empacho pas de descubri de libre.

E es verai que lou bilan es pas marri : tres milo libre de touto meno s’empruntèron a la biblioutèco de mar, per dous-cent-quatre-vint persouno que si seran marcado. « Es mitat mai que l’an passa », triounflo Julien Barlier.

E de cita uno fraseto en francès dóu libre d’or leissa a dispausicioun dei legeire : « se sian congosta sin ren paga ! ».

Li a agu d’estrangié, mai que de costumo, a La Seino ; « la situacioun internaciounalo nous a rampela mai de Belgo en particulié, ‘mé d’Italian. N’esperavian pas tant, e s’avian ben d’oubrage en anglès, l’an que vèn nous faudra alargua un pau a d’autrei lengo.  Mai enfin, la grando part de nouastro publi son de mounde dau relar toulounen, puei de Francès d’en pertout ».

La toco de l’Efemèr es d’atriva lei baignaire, que vènon legi sus plaço e manleva de libre, puei que lei tournaran a la biblioutèco que volon : Chédid, Caminade… E meme a l’Ofici dóu Tourisme se volon.

Fau dire que l’estieu passa, a l’envan primadié l’an ajusta de laisso fabricado dins l’avarié d’uno barcasso que la regio municipalo a remouta, desarena e reviscoula. Es pas poussible ce que se pòu faire ‘m’ un cop de pinturo !

Un ostalet foguè tanben dubèrt, per renja lou materiau la niue, e dous prisounié que fan de travai d’interés generau an douna la man per alesti, puei neteja l’endré. De pergolo an encaro ajusta au cousta « cosi » d’aquelo biblioutèco per braieto de ban.

Mai l’interessant èro puleu dins lei libre e leis animacioun que dins lou decor. « Nouastreis « ouro dóu conte » de matin e de sèro, èron plen, e tout parié per nouastr’atalié sus « l’art dóu reciclage », que soutoligno Julien Barlier.

Aro que tout es acaba e que lei legeire an tourna a l’escolo o au burèu, rèsto lou libre d’or, ounte lei piado soucialo d’aquelo iniciativo demouaron : « per nousautre que parten pas en vacanço, es estra! ». E l’envejo de persegui pereu : « quand poudren va faire dins d’autrei plajo ? » qu’es escrit.

Michel Neumuller

Avec les suggestions lexicales de Pèire Brechet, prof. Certifié d’occitan langue d’oc, service de la langue occitane de l’IEO.

Les mots qui comptent :

avarié : épave

Areno = sable

laisso = rayonnage

Envan = auvent

Erso = vague

Escagassa = affalé

douna la man = contribuer

Relar = zone, territoire

Remouta = renflouer

achini = plongé

Lire à la plage tout l’été

Une troupe de tout petits avachis sur des transats, plongés dans une BD ou un roman, à l’ombre d’un auvent, voilà l’image que les baigneurs avaient sous les yeux il y a encore un mois, au parc Braudel, tout à côté des sables et des vaguelettes.

« Nous avons mieux réussi cet été que l’année dernière, c’est sûr ! « se félicite Julien Barlier, le bibliothécaire en chef de La Seyne. « C’était plus abouti qu’en 2014 où nous avions fait le pari de faire lire le public à la plage ».

Ce pari a pris le nom d’Efemèr, un jeu de mots pour dire que finalement l’attrait de la plage n’empêche pas de découvrir des livres.

Et le bilan n’est pas mauvais, c’est vrai : 3 000 livres de toutes sortes ont été empruntés à la bibliothèque de mer, par 280 personnes inscrites. « C’est plus de la moitié en plus par rapport à l’année dernière », triomphe Julien Barlier.

Et de citer une petite phrase du livre d’or laissé à la disposition des lecteurs :  » Nous nous sommes régalés sans rien payer. »

Il y a eu plus d’étrangers que d’habitude, à La Seyne : « la situation internationale nous a amené plus de Belges en particulier, et aussi des Italiens. Nous n’en attendions pas tant, et si nous avions bien des ouvrages en anglais, l’année prochaine, il faudra s’ouvrir un peu à d’autres langues. Mais enfin, la grande part de notre public vient de la zone toulonnaise, les autres de toute la France ».

Le but de l’Efemèr est d’attirer les baigneurs. Ils viennent lire sur place ou emprunter des livres, et ils les rapporteront ensuite à la bibliothèque de leur choix: Chédid, Caminade … Et même à l’Office du Tourisme s’il veulent.

Il faut dire que l’été dernier, ils ont ajouté au premier présentoir des rayonnages fabriqués dans une carcasse de bateau que la régie municipale avait renflouée, dessablée et restaurée. C’est extraordinaire ce que l’on peut faire d’un coup de peinture !

Une maisonnette fut aussi ouverte, pour ranger le matériel la nuit, et deux prisonniers qui font des travaux d’intérêt général ont contribué à préparer, puis nettoyer l’endroit. Des pergolas ont encore ajouté au côté cosy de cette bibliothèque pour maillots de bain.

Mais l’intéressant était plus dans les livres et les animations que dans le décor. « Nos heures du conte le matin et le soir étaient pleines, tout comme nos ateliers sur l’art du recyclage », souligne Julien Barlier.

Maintenant que tout est terminé et que les lecteurs sont retournés à l’école ou au bureau, il reste le Livre d’or, où demeurent les traces sociales de cette initiative : « pour nous qui ne partons pas en vacances, c’est extra ! » Il y a aussi l’envie de continuer :  » quand pourrons-nous aussi le faire sur d’autres plages ? » trouve-t-on d’écrit.