Deux Seynois tués par balles : « Tristesse et colère » du maire

La Seyne pleure deux nouveaux morts ce lundi 10 septembre. Un adolescent et un jeune homme ont succombé sous les tirs d’une arme à feu dans la nuit de dimanche à lundi, quartier Berthe. C’est donc un maire particulièrement affecté qui a pris la parole face à la presse, ce matin du 10 septembre. Un maire visiblement éprouvé par la tristesse. Mais un maire très en colère aussi, de ne pas avoir été entendu par le ministère de l’Intérieur. Un sentiment partagé par le président de la Métropole et maire de Toulon, Hubert Falco, qui fait part de « toute [sa] solidarité » dans un communiqué (ci-après).

La déclaration du maire de La Seyne Marc Vuillemot :

« Je tiens à témoigner la compassion du conseil municipal aux familles et amis du jeune homme et de l’adolescent qui ont été victimes de cette abominable tuerie. Mais aussi aux milliers de résidents de nos quartiers urbains fragilisés qui ne doivent pas vivre la peur au ventre. Et à l’ensemble des habitants de tous nos quartiers seynois qui souffrent d’un sentiment croissant d’insécurité et d’une image de leur ville qui se dégrade dangereusement. Pour l’immédiat, j’ai demandé dès cette nuit à la préfecture d’obtenir du ministère de l’Intérieur le déploiement de forces mobiles de nature à sécuriser la ville et participer à rassurer les habitants. Le préfet m’a fait connaître il y a un petit moment qu’il a bon espoir que ma demande sera entendue. C’est une exigence absolue. »

Vers un couvre-feu provisoire pour les mineurs ; mise en place de cellules psychologiques

« J’ai également demandé à nos services de préparer un arrêté municipal instaurant, évidemment provisoirement, un couvre-feu pour les mineurs. Je demande aux familles de veiller à ce que leurs enfants ne soient pas dans la rue pendant la nuit. Il conviendra que la Police nationale mette en œuvre les moyens de l’application de cet arrêté.

Nos services communaux, grâce au concours de l’ensemble des personnels compétents des associations locales spécialisées dans l’accompagnement social, familial et parental, que je remercie très sincèrement, sont en train de mettre en place deux cellules psychologiques à l’attention des personnes de tous âges souhaitant être accompagnées. Les modalités seront communiquées autant que possible dans la journée. J’apprécierais que les personnels spécialisés des services publics de l’État, des hôpitaux et des collectivités qui le pourraient puissent apporter leur concours à cette démarche.

J’ai également obtenu des services départementaux de l’Éducation nationale qu’une telle cellule soit activée à l’attention des collégiens de l’établissement où était scolarisé l’adolescent décédé. Je les remercie. J’ai obtenu de la direction de notre office local de l’habitat que, dans les tout prochains jours au plus tard, soit finalisée l’installation des caméras de vidéosurveillance prévues sur les immeubles d’HLM de la zone de sécurité prioritaire. J’ai réitéré par ailleurs à la préfecture mon exigence que les zones de sécurité prioritaires de notre métropole soient dotées immédiatement d’un dispositif de police de sécurité du quotidien, complété d’un classement en quartier de reconquête républicaine permettant aux circonscriptions de police d’obtenir sans délai des renforts en ressources humaines. »

La puissance publique alertée depuis deux ans

« Je rappelle que La Seyne a été la seule commune du Var à s’être portée volontaire lorsque le dispositif a été annoncé en février dernier. Elle a depuis été rejointe par Toulon. Il est scandaleux, alors que j’alerte depuis deux ans sur l’évolution très inquiétante du climat local que le Var soit, une nouvelle fois, placé hors champ de vision de la puissance publique de l’État. Je porte également à nouveau l’exigence qu’instruction soit donnée du plus haut niveau de l’État aux départements ministériels concernés pour qu’une discrimination positive permette de remettre en place les dispositifs de prévention de la délinquance dont la commune disposait avant les coupes sombres budgétaires qui se succèdent depuis des années. La commune, seule, avec ses moyens humains, logistiques et financiers, a pu cet été éloigner des sites fragiles une soixantaine de jeunes majeurs. Elle ne peut assumer la pérennité de cette mission régalienne de leur protection. J’exige les moyens de conforter les dispositifs socio-éducatifs et la prévention spécialisée de la délinquance qui a perdu 12 « équivalents temps plein » d’éducateurs de rue en quelques années.

Je remercie enfin de leurs témoignages de solidarité mes collègues maires des 11 autres communes de notre métropole, et d’autres, de toute la France, et en particulier des communes qui connaissent, comme La Seyne, Toulon et Hyères, ces manifestations inédites de criminalité. »

Le reportage de Var Azur TV

Le communiqué du président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, Hubert Falco