Covid-19 : Les Seynois.e.s aux machines (à coudre) !

Le port d’un masque est recommandé pour lutter contre la propagation du coronavirus. Aussi, tandis que les masques chirurgicaux font toujours défaut, à La Seyne-sur-Mer, comme un peu partout en France, des petites mains armées de bonne volonté se sont-elles mises à l’ouvrage. Elles confectionnent des masques alternatifs en tissu pour les offrir aux établissements de soins, au centre de secours, aux travailleurs exposés, à des voisins…

« En situation de pénurie de masques et alors que la priorité d’attribution des masques FFP2 et des masques chirurgicaux acquis par l’État doit aller aux structures de santé (établissements de santé, établissements médico-sociaux, professionnels de santé du secteur libéral) et aux professionnels les plus exposés, l’Académie nationale de médecine* recommande que le port d’un masque grand public, aussi dit alternatif, soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement. »

Sans attendre, des citoyens se sont mobilisés partout dans le pays, comme à La Seyne-sur-Mer où des adhérent.e.s d’associations et des particuliers ont pris l’initiative de confectionner des masques en tissus afin d’en faire don, tout d’abord, à ceux qui se trouvent en première ligne dans ce contexte de crise sanitaire.

Mille masques pour la clinique du Cap d’Or

L’association Activ’santé83 s’est appuyée sur sa « chaîne d’amitié, sans autre intérêt que de confectionner des masques pour les soignants de la clinique du Cap d’Or », relate sa présidente, Sylvie Ougier Petat. Résultat : « Treize couturières ont coupé, ajusté, sur dix jours de travail. Mille masques sont sortis de ces ateliers bénévoles. (photo d’illustration de l’article) » Ces ouvrières de circonstance ont reçu le soutien du docteur Salvatore Avallone qui leur a fourni le tissu, des champs opératoires, et elles ont suivi le patron et les recommandations du CHU de Grenoble (tuto ici). Ces masques alternatifs ont été distribués aux personnels afin qu’ils puissent en porter à l’extérieur de l’établissement, précise la directrice des soins de la clinique du Cap d’Or. Ainsi qu’à des patients qui, selon elle, en ont été, « très contents ». Les établissements de santé peuvent également compter sur « des petites mains qui font des masques gratuitement », indique la directrice des soins : les Couturières solidaires de France, un réseau de citoyen.e.s qui s’est spontanément formé pour participer à l’effort collectif (Contact : page Facebook Les Couturières solidaires du Var)

Soutien aux agents du service public

La présidente du Comité d’intérêt local (CIL) des Mouissèques, Andrée Bergia, raconte qu’elle a « commencé à en faire pour [sa] famille ». Et que c’est ainsi, de fil en aiguille, qu’elle a décidé de réunir « les drôles de dames volontaires » pour coudre des masques en tissus en suivant également « le modèle et les préconisations du CHU de Grenoble ». L’idée est d’en faire don à la Ville afin qu’ils soient distribués aux agents qui assurent la continuité du service public. Un geste forcément bien accueilli qu’elle propose de « continuer ». Mais pour cela, la présidente du CIL des Mouissèques lance un appel : « Nous avons besoin de tissu polaire ou de molleton. » (Contact : 06 05 12 31 28, page Facebook : CIL des Mouissèques)

Solidarité avec les sapeurs-pompiers

Marie-Christine Féraud, présidente de la jeune association Les ateliers créatifs de Mary, s’y est mise aussi. En une journée, elle a confectionné une dizaine de masques en tissu pour les remettre aux sapeurs-pompiers du centre de secours de La Seyne. Elle suite poursuivre sur sa lancée, mais ce qui lui manque, « ce sont des élastiques ». A bon entendeur ! (Contact : 06 27 58 68 29)

« Beaucoup de gens sont prêts à faire »

Des adhérentes de Fées&Ries ont également répondu présent, « depuis le début, chacune chez soi puisque le local est fermé », raconte la créatrice de l’association, Alexandra Cittadini. « Nous avons un fonds de tissus et de matériels récupérés dans le cadre nos activités, ça reste un peu compliqué de s’approvisionner en élastiques, alors on adapte, on fait avec ce qu’on a. » La présidente de Fées&Ries explique qu’elle « utilise des cotons un peu épais, coudre deux épaisseurs pour pouvoir glisser une gaze au milieu ». Elle a ainsi pu fournir des masques « à l’hôpital de Pierrefeu, des infirmières libérales, une pharmacienne… » ainsi que « des sur-blouses pour des personnels de l’hôpital Sainte-Musse« . «  Lorsqu’on m’en redemande, je les fais », lance Alexandra Cittadini, qui coud aussi des masques, en prévision de la reprise des activités, pour les participants aux ateliers.

Dans un contexte si particulier, « ce qui est plaisant, pour cette responsable associative, c’est de voir que beaucoup de gens sont prêts à faire ». Et elle ajoute : « Je ne suis pas surprise ! » (Page Facebook Fées&Ries)

Les Masques solidaires : plus d’un millier de membres

Et c’est une jeune Seynoise, Virginie Chambre, qui a créé le groupe Facebook Les Masques solidaires : « En un mois, nous sommes passés de dix membres à 1010 et nous avons fait plus de 11 000 masques distribués à des infirmières, Sos médecins, des Ehpad, la prison de La Farlède, la prison d’Aix-Luynes, des ambulanciers, le commando Hubert, des ambulanciers, l’Armée, la police municipale et la police nationale, les pompes funèbres… », indique-t-elle. (Contact : page Facebook Les Masques solidaires)

Entraide entre voisins

Lucienne, une ancienne ouvrière en confection, et Gilles, son époux, sont retraités et vivent aux Sablettes. Le couple a réalisé une quarantaine de masque en coton, triple épaisseurs, qu’ils ont offerts aux résidents de leur copropriété (source Var-matin).

Quartier Berthe, qui ne connaît pas Yvette Cohen? Bénévole active depuis plus de quarante ans, toujours sur le pont à 94 ans, et aujourd’hui comme la plupart d’entre-nous, « enfermée », la fondatrice de L’Atelier solidaire s’est naturellement assise devant sa machine-à-coudre pour confectionner des masques : « Ma fille en a eu besoin, je lui en ai fait. Ma nièce en a eu besoin, je lui en ai fait, ma voisine en a eu besoin, je lui en ai fait. Des petites filles du quartiers en voulaient de couleur rose, je leur en ai fait… » Et comme madame Cohen participe d’ordinaire à l’atelier d’écriture du Petit Prince, elle a aussi cousu des masques en tissu pour les membres de l’association. « Au total, j’en ai expédiés une soixantaine », comptabilise-t-elle. Pour offrir tous ces masques, Yvette Cohen n’a pas hésité à puiser dans ses placards « des draps en coton qu’il faut pouvoir faire bouillir ». Mais si l’énergie est loin de lui faire défaut, ce n’est pas le cas des matières premières : « Je n’ai plus assez de tissu, ni d’élastiques », regrette-t-elle. 

On le voit, les bonnes volontés ne manquent pas. Et en ces terribles circonstances, la solidarité citoyenne ne demande qu’à s’exprimer.

N’oubliez pas toutefois que le port d’un masque vient en complément des gestes barrières (rappel ci-après), lesquels restent indispensables pour se protéger et limiter la propagation du Covid-19.

laurence.artaud@la-seyne.fr

*L’article complet à retrouver ici 

L’info en plus : Comment nettoyer son masque en tissu ? Les consignes ici (Postcast France Inter)