Contre la récidive, enclencher une dynamique d’insertion professionnelle

Treize personnes condamnées à des travaux d’intérêt général (TIG) peuvent être accueillies au sein des services municipaux. Une action ayant déjà fait ses preuves, au point de décliner un volet inédit en direction des jeunes.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSDP), ce sont « des problématiques identifiées » qui définissent les orientations. Et à La Seyne-sur-Mer, indique Hana Valentova, qui en est la coordinatrice, l’accent a notamment été mis sur la prévention de la récidive. « Depuis 2011, nous avons développé l’accueil des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général dans les services municipaux. Treize postes leur sont ouverts », indique-t-elle. « C’est le service pénitentiaire qui nous saisit pour placer la personne, nous l’intégrons dans un service en fonction de son profil et des disponibilités. Le « tigiste » est suivi de A à Z ». Et Hana Valentova l’assure en énumérant les exemples : « Ça marche bien, on a affaire à un public motivé, on a même suscité quelques vocations ! » De la même façon, dans les services comme la cuisine centrale qui accueillent les personnes effectuant leur peine, l’expérience est généralement valorisante pour les personnels municipaux.

Un projet innovant

« On travaille bien ensemble, de très bons efforts sont faits à La Seyne », confirme Joseph Njama, directeur de l’antenne de Toulon du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Aussi, ce dernier a-t-il souhaité y expérimenter « un projet innovant » en direction des moins de 25 ans, lequel est opérationnel depuis cet automne. Cette nouvelle action, mise en place avec la collaboration de la Mission locale (Miaj de l’Ouest-Var), prévoit ainsi d’intégrer à la peine, un accompagnement à l’élaboration d’un projet d’insertion. Un volume d’heures est dégagé du temps de TIG pour que le jeune puisse s’y consacrer avec un conseiller. « C’est un projet qui me tenait à cœur, je l’avais expérimenté ailleurs et ça avait bien fonctionné », raconte Joseph Njama. Le directeur du SPIP est parti d’un constat : « Il y a beaucoup de jeunes en errance, en particulier dans les quartiers sensibles, malgré les dispositifs existants ».

D’où son idée de « profiter de l’angle que constitue la mesure de justice », en utilisant en quelque sorte l’effet « épée de Damoclès » qu’elle provoque. Autrement dit, il s’agit de s’engouffrer dans la fenêtre durant laquelle « la justice a la main mise pour enclencher une dynamique », explique Joseph Njama.

En fin de peine, poursuit-il, « le jeune aura avancé avec la mission locale ». Il sera alors libre de poursuivre le processus d’insertion dans le cadre des dispositifs d’insertion de droit commun.

laurence.artaud@la-seyne.fr