Caroline Bach : l’industrie des sens

Selon Caroline Bach, la photographie n’est finalement qu’une surface de la réalité. Au spectateur d’y pénétrer, d’interpréter en fonction de son vécu et de son expérience liée au sujet. Jusqu’au 14 novembre à la Tête d’Obsidienne. Fort Napoléon.

Depuis 2006, la photographe s’est lancée dans la mise en images d’un vaste projet lié au cycle du travail et à son influence sur nos vies personnelles. A l’origine de la série photographique proposée à la galerie Tête d’obsidienne au fort Napoléon, il y a ce module de centrale solaire thermodynamique de la société CNIM installée à la Seyne-sur-Mer, avec ses miroirs mobiles qui suivent le mouvement du soleil, avec le jeu de reflets créé par l’installation.
Derrière les murs des CNIM

L’artiste a toujours été très intéressée par le monde  industriel, par les objets produits par l’industrie comme par ses installations. L’entreprise aujourd’hui de renommée mondiale a différents sites au coeur de la ville ; en entrant dans les ateliers de fabrication, l’artiste est passée de l’autre côté des murs qui traversent la ville et sur lesquels sont inscrits CNIM. C’est ainsi qu’elle a pu photographier le pilote de centrale solaire thermodynamique sur le site de Lagoubran. Variation de formes : CNIM produit à la fois des objets très usinés (pour la fusée Ariane, par exemple) et d’autres qui conservent un aspect brut, comme les chaudières. Les images de Caroline Bach interrogent ces différents aspects, d’autant qu’elle utilise des appareils moyen et grand formats et des films argentiques. Des images composées, avec de nombreux détails, souvent tirées en grand format, sont ainsi « fabriquées ». Ainsi, en montrant cette série, les images repassent de l’autre côté des murs nouant des liens entre ces lieux oeuvrant pour le territoire, à travers l’industrie et la culture.

Jean-Christophe Vila