Archives municipales : au coeur de la mémoire

Les Archives municipales oeuvrent pour la collectivité comme pour les usagers à travers l’activité de leur service. Loin de l’image poussiéreuse que l’on pourrait leur coller à tort, elles permettent plutôt de préparer l’avenir.

Les archives municipales sont la base de l’existence des droits de la commune, avec un premier document en 1577, et une partie de ceux des usagers, notamment le volet état civil (naissance, mariage et décès). Les professionnels du secteur vous le diront, l’activité d’un service d’archives se décline autour de la règle des “quatre C” (Collecter, Classer, Conserver et Communiquer), un principe revendiqué bien évidemment par Alan Virot, responsable du service. Il précise ainsi : « Collecter les archives publiques est notre première mission et lorsque nous intervenons auprès des services de la Ville, c’est pour tenir un rôle de conseil et d’accompagnement. Il faut discerner ce qu’il convient d’éliminer de ce qu’il faut conserver pour l’Histoire. Papier ou données numériques, tout doit passer au travers de notre tamis. De cette collecte, découlent ensuite les sources qui seront utilisées par les chercheurs et les historiens dans 10 ou 100 ans ». Stéphanie Thomas et Isabelle Gérigny complètent l’équipe du service des Archives. Leurs missions d’assistantes-archivistes sont variées, couvrant tout le spectre du domaine des archives. Elles sont notamment chargées de classer les archives collectées, car sans classement, impossible de retrouver un article précis dans les centaines de mètres linéaires conservés. Dans leurs rayonnages, les Archives municipales ne protègent pas que des dossiers papier et des registres. Au détour des épis se cachent plusieurs fonds photos, des bobines de films, des peintures, des outils du chantier naval, des maquettes de navires ou encore des objets aussi insolites qu’un carreau de dentellière, un vilebrequin ou une scie passe-partout d’1m50 qui ne dénoterait pas dans une forêt canadienne. L’accueil du public se fait dans la petite salle de lecture qui est accessible les mardis, mercredis et jeudis sur rendez-vous au vu de son exiguïté. Dans cette salle de lecture, des règles strictes de communicabilité s’appliquent : « La loi dit que le principe de base est la communicabilité immédiate des archives. Mais des cas spécifiques peuvent imposer des délais. Ainsi, existe un délai de 75 ans pour l’état civil, de 50 ans pour motif de respect de la vie privée, délai porté à 120 ans pour les documents liés au secret médical » souligne doctement Alan Virot.

Le défi numérique

La conservation des archives est un domaine complexe, mais maîtrisé par les agents quand il s’agit de support physique comme le papier, l’analogique (négatif, diapositives, bobines Super 8,…) ou l’optique (K-7 audio, VHS,…) Avec le numérique, les cartes sont rebattues, il n’y a plus de mécanique, juste des données. Or, ces données ont une tenue bien plus faible dans les temps, avec des supports qui s’altèrent, des équipements qui évoluent ou disparaissent rendant problématique une future lecture… Mais le numérique apporte quand même son confort en permettant par exemple la numérisation des documents anciens pour faciliter leur accès et protéger l’original physique. Le fonds local lui, restera bien physique. En partie hérité du Clos Saint-Louis, il regroupe près de 500 livres ou périodiques sur l’histoire de notre ville, de notre métropole et de notre département.

Jean-Christophe Vila

 

Traverse Marius AUTRAN (au-dessus de la salle des mariages)
ouverture au public : du mardi au jeudi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h
Téléphone du lundi au vendredi : 04 94 87 52 24

À vos cartons !
Si les Archives municipales ont pour mission première de conserver les archives publiques de la Ville, elles peuvent aussi conserver l’histoire personnelle et intime de celles et ceux qui font son histoire et son âme. Les Archives municipales font appel à la mémoire de tous ceux qui détiendraient dans leurs archives personnelles des documents ou des images qui évoquent notre commune, mais également tout le territoire de la métropole. Il peut s’agir de cartes postales, de programme de fête locale, de photos de famille où l’on aperçoit la ville, ou encore de films. Les Archives sont équipées de lecteurs VHS mais aussi de projecteurs 8mm, Super8, 9,5mm et 16mm pour lire en direct vos films. N’hésitez pas à venir leur montrer vos trouvailles, selon l’intérêt historique et bien entendu avec votre assentiment, elles pourraient être conservées dans les collections de la Ville pour compléter l’histoire de notre territoire. Comme cette généreuse donatrice qui a confié ses films de famille des années 40 sur lesquels ont été trouvées des images de La Seyne-sur-Mer, Six-Fours, Toulon ou du Pradet et qui est repartie avec une numérisation de ses vieilles bobines. Un moyen de s’offrir pour presque rien, un rien d’éternité. 

Le serpent de Carnoules
Comme Inverness en Écosse, La Seyne a son “Nessie”, l’inoubliable monstre du Loch Ness. L’histoire remonte à la fin du XIXe siècle, notre commune connaît des problèmes d’alimentation en eau. Parmi les solutions envisagées, une sera retenue et mise en chantier avant-guerre grâce à un décret présidentiel de 1936 autorisant le pompage de l’eau de Carnoules. Ce captage nécessitera la réalisation d’une canalisation souterraine d’une quarantaine de kilomètres pour arriver à La Seyne-sur-Mer. La canalisation sera mise en activité seulement en 1954, conflit mondial oblige. Même si la commune est maintenant alimentée par le canal de Provence, le captage de Carnoules (aujourd’hui transféré à la Métropole), garde tout son intérêt pour optimiser les réserves en eau.