8e Vagabondages photographiques : vers une histoire commune

Elisa Cornu est l’invitée des 8e Vagabondages photographiques, un cycle dédié à la photographie documentaire du 16 octobre au 21 novembre au fort Napoléon.

Celle-ci se distingue principalement de la photographie de presse par le temps qu’elle exige de son serviteur pour traiter un sujet. Cela permet en effet de poser le propos, de l’analyser et de ne pas succomber à la simple émotion. C’est donc animée par cet impératif qu’Élisa Cornu a travaillé, d’autant que, chez elle, ce sujet prend ses sources dans des souvenirs d’enfance. Ces images s’articulent autour des quatre éléments de toute vie. Nous substituons au feu, à la terre, à l’air et à l’eau, l’amour, la haine, le « nous » et les « autres » à travers trois générations de harkis qui ont subi plus que sévi. Savions-nous que le territoire métropolitain a compté plus de soixante-dix de ces camps dont une douzaine dans le Var ? Bien sûr leur engagement fut dénoncé par leurs frères et réglé souvent dans la violence, mais doit-on pour autant marier responsabilité et culpabilité ? Ce n’est pas sur le plan ethnique ou d’affrontement de civilisations que se place le débat, mais sur celui d’une histoire commune qui nous lie depuis près de deux siècles, que l’on soit en accord ou pas avec leur choix. Elisa Cornu souhaite ainsi suggérer que le travail de mémoire aboutit à la réconciliation. C’est pour l’artiste une responsabilité politique, sociale et civique qui dépasse l’opposition communautariste et idéologique. L’analyse du traumatisme comme construction sociale devient alors un enjeu philosophique et éthique.

Jean-Christophe Vila

Elisa Cornu « Harkis, territoires invisibles », du 16 octobre au 21 novembre, inauguration le 15 octobre – 18h30, fort Napoléon