Henri Giovannetti : l’hommage unanime à « Gambistorti »

Henri Giovannetti est décédé le 8 janvier dernier à l’âge de 82 ans. Il aura marqué l’histoire de l’Union sportive seynoise mais aussi de la commune qu’il aimait tant.

Une grande figure du rugby seynois est allée rejoindre les autres illustres joueurs ou dirigeants de l’Union sportive seynoise. Le 8 janvier dernier, Henri Giovannetti est allé s’asseoir définitivement aux côtés des Mado Romero, Aimé Sias, Marcel Salem et bien d’autres pour leur raconter les innombrables secrets du rugby seynois. Mais pas que. Si Henri était la mémoire du rugby local, il était aussi celle de La Seyne toute entière, et notamment l’histoire des chantiers, qu’il connaissait par coeur. Que ce soit à travers sa plume ou son incroyable bagout, il aura même écrit un livre, « Dimanche à La Muraillette » au côté de Jean-Marc Giraudo ainsi qu’un recueil de poèmes « Allez, La Seyne… on n’a pas tous les jours 100 ans ». Sans compter des centaines d’anecdotes sur le forum dédié au rugby amateur « Rugby Fédéral » depuis plus de quinze ans. « Gambistorti », comme il se faisait appeler, était devenu une icône nationale auprès de l’ensemble des supporteurs de toutes les divisions amateurs qui lui ont rendu de vibrants hommages, comme l’ont fait une soixantaine de personnes au stade Marquet et à l’Eglise Notre-Dame de Bon-Voyage le lundi 13 janvier, le jour de ses obsèques.

“Rouge et Bleu”
Tous auront salué son courage après avoir combattu durant plus de vingt ans une foutue maladie qui l’a assis sur un fauteuil dont il tirera une force incroyable et lui attirera le respect de tous. Un combattant, un vrai, comme il a pu l’être sur un terrain de rugby ou dans la vie. Un ballon ovale greffé à la place du coeur. Mais teinté aux couleurs « Rouge et Bleu » pour lesquelles sa passion n’a jamais cessé et qui lui ont permis de s’élever au rang de joueur international FSGT.

Sébastien Nicolas

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« Adieu Henri »
Suite au décès d’Henri Giovannetti, le maire, Marc Vuillemot, a rendu l’hommage suivant : « La Seyne, avec tristesse, voit disparaître un autre grand de ses aïeux, Monsieur Henri Giovannetti. Il adorait sa ville, il adorait son club de rugby, et si avant de nous quitter, ses jambes n’étaient plus, depuis longtemps déjà, alertes à cause de la maladie, sa plume, elle, virevoltait, comme ses traits d’esprits et nous emmenait sur les sentiers en vers de sa mémoire inaltérée, à travers les rues de sa Seyne d’enfance, sous les pins de Janas, au bord de la mer… Et dans « Le tour d’honneur », l’un de ces poèmes, il disait « Le grand patron là-haut, m’a contacté hier soir par sms express afin que j’organise ma dernière excursion dans mon plus beau costard pour aller voir là-bas… du côté de l’église » et il y demandait, pour son dernier voyage, de faire le tour de sa ville, mais de « faire ce circuit à petite vitesse, j’ai préparé pour vous ce bel itinéraire » et des Moulières au Marégau, du Marégau au Manteau, du Manteau à Balaguier, il nous faisait, dans chaque lieu, à chaque pause, profiter de la vie en remontant le fil de l’eau et du temps. Voilà, Henri, je m’associe aux Seynois pour témoigner à ta femme, à tes proches, nos condoléances les plus sincères. Tu as dit « adieu au Mistral (pour) aller là-haut voir d’autres paysages ».

« Un poète »

Jean-Marc Giraudo (ami et co-auteur du livre “Dimanche à La Muraillette”) : « En plus d’être l’historien de l’USS, Henri était un poète. Le poète des beaux quartiers comme je me plaisais à lui dire. Son profond attachement à la ville, sa nostalgie de l’époque des chantiers, son amour viscéral pour le club ont favorisé l’éclosion de textes simples, des poèmes remplis d’émotion débordant de sensibilité et de tendresse. A son image d’ailleurs. Il mérite largement sa place au côté de ces Seynois illustres et son âme va désormais s’installer dans un coin de la grande tribune de Marquet »