Un pont peut en cacher un autre

Accueillie dans les Collections de la Ville en fin d’année dernière, la maquette du pont levant a été restaurée par l’association des Argonautes.

Rénovée juste avant l’été comme s’il devait servir aux fêtes de la Ville à l’instar du grand frère qui trône depuis plus d’un siècle à l’entrée du port, la maquette du pont des Chantiers navals sera la vedette du prochain salon du modélisme organisé par les Argonautes. « Pour les 20 ans du salon, on espère pouvoir bénéficier de cette maquette que nous avons restaurée à la demande de la Ville, c’est un peu le deal que nous avions passé », rappelle sobrement Gilbert Campodonico, président de l’association. Cette maquette a une histoire presque aussi longue que le tablier du pont qui permettait aux trains d’alimenter les Chantiers en matériaux divers. Elle a été construite à l’échelle 1/20e par Alex Zorra, ancien ouvrier, en souvenir de ses années passées aux Chantiers. Puis, Alex finit par la donner à Lucien Coulond, propriétaire d’un garage de mécanique derrière le rond-point Kennedy. Après le décès du malheureux garagiste il y a quelques années, cette maquette faillit partir à la décharge avant que le président du CRCN, Jean-Claude Guisti, la sauve du néant pour la transmettre enfin à la Ville. « A la suite de ce parcours singulier, nous avons été sollicités pour la remettre en état, le plus difficile étant qu’elle n’avait jamais vraiment bien fonctionné », souligne le président des Argonautes visiblement très attaché à ce jouet de grands. Gilbert rassemble alors autour de lui les compétences (Jean-Louis Bricout et Alain Bart ) indispensables à sa résurrection – bien que le pont ne fut jamais en croix – et, grâce à l’aide financière de la Ville débute alors …le chantier. « On a refait les crémaillères car elles posaient problème depuis le début, puis nous avons poncé, gratté, repeint ce qui devait l’être. Nous l’avons également mise au goût du jour avec des éclairages à « led » après avoir installé une alimentation stabilisée en 220 volts. Nous avons enfin refait les travées de bois du tablier, comme à l’origine », précise Gilbert. Ainsi, au bout d’environ 150 heures de travail, le pont a fini par montrer de quoi il était capable. Comme son aîné en âge, en taille et en poids, il a levé dans un grincement non feint son tablier, établissant, selon l’humeur de son conducteur, un lien imaginaire entre une rive et l’autre, celle de la mémoire et du territoire qui lui est associé.

Jean-Christophe Vila

photos jc vila