Valérie Hirschfield, une sacrée battante !

En septembre, Valérie Hirschfield participera à une course de  »stand-up-paddle », sur une distance de 220 km. Amputée d’une jambe, sportive accomplie, la Seynoise se met au défi.

A trois ans, Valérie quittait La Seyne-sur-Mer, avec ses parents, pour l’Afrique du Sud. Une volonté de son papa, qui voulait voir du pays. C’est donc dans les écoles sud-africaines, basées sur le modèle anglo-saxon, qu’elle découvre le sport. A Johannesburg, Valérie Hirschfield passera la moitié de sa vie, avant de quitter le pays. «Mon mari est Sud-africain. Deux de nos garçons sont nés là-bas, mais au fil des années, avec la criminalité ambiante, nous avons décidé de rentrer. Notre troisième fils est né ici», raconte la pimpante Valérie, 51 ans. C’est en 2004, que sa vie bascule. En cause, un staphylocoque qui finira par lui causer la perte de sa jambe gauche. «Pendant un an, je n’ai fait que souffrir, entre les greffes, les opérations et l’infection qui gagnait du terrain. Et malgré les soins quotidiens, ma jambe se gangrenait». Le salut viendra finalement de l’amputation, le 4 juillet 2005. Pour elle, c’est surtout une délivrance, la promesse de ne plus souffrir. Le chirurgien lui avoue : «Quinze jours de plus, et vous mourriez».

Une nouvelle vie commence

Valérie se remet vite de l’opération. Elle oublie sans peine ce membre qui la faisait tant souffrir. Avant l’opération, elle a rassuré ses enfants : «Je vais être amputée, mais je serai mieux qu’avant». Et elle tient parole. Pour eux, mais surtout pour elle. Le jour même de sa sortie de l’hôpital, elle prend le volant, ce qui fait dire à l’un de ses fils, «oh la la, blonde et handicapée, ça craint !». A ce souvenir, Valérie éclate de rire, elle qui a accroché avec humour, à l’arrière de sa voiture, une plaque avec la mention  »one leg ». La rage de vivre est là : «J’avais un an à rattraper, alors je n’ai plus arrêté. Je me suis reconstruite petit à petit». Dix ans après, elle a décidé de faire sa rééducation, à sa façon : plongée sous-marine, randonnées, tennis en fauteuil… Elle a même découvert le paddle, cette planche de surf sur laquelle on rame debout. Du coup, elle a décidé de s’appareiller elle qui jusqu’alors, n’utilisait que ses cannes. Car rien n’arrête cette compétitrice hors-norme qui repousse sans cesse ses limites.

La course, son prochain défi

Octobre 2014. Une page Facebook est consacrée à une course de paddle [Sup 11 city tour], qui aura lieu du 2 au 6 septembre sur les canaux, aux Pays-Bas. La course dure 5 jours, sur une distance de 220 km quelle que soit la météo. A raison de 8 heures par jour environ, les rameurs affrontent aussi bien le soleil, que le vent ou la pluie. Quand Valérie Hirschfield découvre l’événement, elle  »like » et s’inscrit illico ! Seul bémol, pour concourir, pas question d’utiliser sa prothèse habituelle. Il lui faut un «genou mécanique» plus adapté à la compétition. Mais celui-ci coûte 10 560 €. Autour d’elle, des proches, des amis, et même des inconnus se mobilisent et lancent un appel aux dons. Jean-Luc Bruno, adjoint délégué aux quartiers Centre et Est, ainsi que le Dr Serge Maillefet et son groupe Navigio ont décidé de l’aider. Cet été, ils se produiront en concert au Théâtre de verdure, parc Braudel. En attendant la course, l’infatigable Valérie s’entraîne 10 heures par semaine : «Tout le monde est fort, mais on ne le sait pas».

Chantal.campana@leseynois.fr

Contact :
Valérie Hirschfield
Tel : 06 32 19 31 94
11citypaddling@gmail.com
Groupe facebook «My crazy journey»
Blog : http://valeriepaddle.canalblog.com/

Valérie et son fils, Elton. Photo réalisée par Thierry L. Photographie, qui expose à partir du samedi 20 juin, au «Café des Arts», rue Cyrus Hugues, pendant une semaine.Toutes les oeuvres de l’artiste seront à vendre, mais l’argent récolté pour cette photo sera entièrement reversé à Valérie Hirschfield. Une volonté de l’artiste de participer au projet de Valérie, qui devra parcourir 220 km en stand-up-paddle, sur les canaux de Hollande, en septembre prochain.
Le  «Café des Arts» sera exceptionnellement fermé lundi 22 juin.

Valérie Hirschfield et son fils, Elton, photographiés par Thierry L. Photograhie